Méthodes de multiplication des abeilles et amélioration du cheptel apicole

Conclusion

Allant de la cueillette des essaims naturels à l’élevage industriel des reines en passant par l’essaimage artificiel et l’apiculture dite «intensive», le lecteur peu familier des abeilles aura sans doute eu l’impression à la lecture de ce bulletin de se trouver plongé dans un monde bizarre où les sciences biologiques voisinent avec une technique tantôt incroyablement primitive et tantôt fort complexe.

Tel est, en effet, l’élevage des abeilles. Lorsqu’il suit de très près la nature, l’homme peut exploiter les abeilles, pratiquement, sans intervenir dans les processus biologiques qui président à la propagation de l’espèce. Dès lors qu’il veut accroître son gain, il affine sa technique, use de toutes les astuces, perfectionne son matériel, mais il faut remarquer en toute humilité que, toujours il utilise sa connaissance des mœurs et de la physiologie de ses abeilles sans jamais rien pouvoir leur imposer qui ne soit compatible avec les programmes millénaires de la vie de la ruche.

Les techniques d’introduction des reines, particulièrement délicates constituent sans doute l’exemple le plus caractéristique de cette dépendance de l’apiculteur à l’égard de la biologie des abeilles. Nous venons de voir qu’il n’existe pas de recette infaillible pour introduire une reine dans une ruche. Ceci veut dire que nous ne possédons pas encore tous les éléments nécessaires pour résoudre le problème, donc que les ouvrières obéissent à des règles beaucoup plus complexes que celles que nous avons découvertes jusqu’ici.

Que l’arsenal des techniques d’élevage et la complexité plus ou moins grande du matériel ne nous fassent pas perdre de vue l’essentiel. En matière d’élevage, le succès dépend pour beaucoup d’un «sens des abeilles» que tout bon apiculteur éleveur doit obligatoirement posséder. Ce sens des abeilles qui est fait d’observations patientes, de réflexion, de concentration et même de passion sur un fond solide de connaissances théoriques est certainement le facteur décisif qui conditionne le succès en apiculture.