Méthodes de multiplication des abeilles et amélioration du cheptel apicole

Augmentation du cheptel

Les dimensions et le niveau d’une exploitation apicole moderne exigent des techniques telles que l’essaimage naturel (plus rarement), l’essaimage artificiel et l’élevage de reines.

Essaimage naturel

C’est l’acte biologique qui garantit, par une division de la colonie en deux parties sensiblement égales, la multiplication et par conséquent la pérennité de l’espèce. Il reste difficile à contrôler et à maîtriser. Au Maroc, il a lieu a partir du mois de Février dans les zones côtières et Mars à l‘intérieur du pays. L’essaimage est réalisé pendant la miellée quand le groupe d’abeilles peut se procurer facilement une alimentation abondante et riche indispensable pour l’élaboration rapide des rayons de cire nécessaires à l’élevage des larves et au stockage de la nourriture.

Certaines années, il peut y avoir, outre les essaims primaires, des essaims secondaires, tertiaires, quaternaires par divisions successives. Le départ répété de ces mini-colonies affaiblit considérablement la souche. Ces essaims ne peuvent assurer leur survie hivernale; sans valeur, ils possèdent, au moment de leur départ de la ruche, plusieurs reines qui peuvent être utilisées (avec précaution car elles sont vierges) pour le remérage de colonies déficientes.

Économiquement, les essaims primaires et secondaires sont les seuls à avoir un intérêt apicole.

L’essaimage naturel en apiculture moderne, ne peut être une formule recommandable pour une croissance planifiée du cheptel.

Essaimage artificiel

Les méthodes utilisées pour l’essaimage artificiel reposent toutes sur une observation faite par l’allemand Schirach, au siècle dernier. Dans une colonie si, pour une raison quelconque, la reine vient à disparaître, les ouvrières ont la faculté, en disposant d’œufs fécondés ou de très jeunes larves, d’élever de nouvelles reines. Cette possibilité biologique implique que les abeilles nourrissent les larves choisies avec la gelée royale et agrandissent les cellules occupées par les futures reines au préjudice des voisines (cellules de «sauveté»). De cette façon la survie de la colonie est assurée.

S’il évite les pertes de l’essaimage naturel en le prévenant, l’essaimage artificiel a surtout l’avantage d’intervenir au moment le plus opportun pour l’apiculteur. Il permet la planification d’un programme d’extension dans une exploitation; il ouvre la voie aux méthodes modernes d’apiculture, d’élevage des reines et de sélection.

Amélioration du cheptel

Comme dans tout élevage, l’amélioration s’identifie à une forme de sélection. En apiculture pratique, où subsiste le handicap des accouplements incontrôlables, il ne peut s’agir que de sélection massale. A un stade élaboré, il faut envisager un élevage artificiel de reines pour la multiplication des souches retenues et un remérage systématique des colonies tous les 2 ans. Pour la production, les critères de sélection les plus recherchés par les apiculteurs sont:

  •  un instinct d’amassage développé;
  •  une bonne résistance aux maladies;
  •  une bonne adaptation au milieu;
  •  l’absence de propension à l’essaimage et au pillage;
  •  la douceur et la bonne tenue au cadre lors des visites.