Maladies parasitaires du mouton sur parcours

L’élevage ovin qui compte près de 14 millions de têtes assure des fonctions diverses aussi bien à l’échelle de l’éleveur qu’au niveau national.

Pour le propriétaire, il permet de valoriser la main d’oeuvre familiale à coût d’opportunité nul, d’assurer un revenu appréciable et une source de liquidité parfois unique pour la famille, d’accumuler un capital nécessaire à la réalisation d’autres projets (construction de maisons, achats de terre) et couvrir les besoins urgents (maladie, scolarisation, mariage). Le mouton continue enfin de jouer un rôle socio-religieux en procurant des animaux à abattre ou à offrir pendant les fêtes religieuses ou familiales.

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A l’échelle nationale, l’élevage du mouton constitue une réserve de génotypes variés et adaptés. Il valorise une source végétale naturelle, gratuite et de bonne valeur nutritive, difficilement exploitable par les autres espèces. Sur le plan socio-économique, ce type d’élevage limite l’exode rural, dynamise le marché, alimente et constitue une source importante de protéines et de productions annexes. En effet, le cheptel ovin produit environ 78.750 tonnes de viande par an, couvrant environ près de 32% de la consommation totale en viande et près de 12.000.000 de toisons par an.

Cependant, ce type d’élevage traditionnel extensif dans sa presque totalité se trouve fragilisé par son propre mode de conduite. Les contraintes sont nombreuses et les possibilités d’amélioration le sont aussi. Les difficultés que rencontre cet élevage et qui risquent de compromettre son développement sont liées au milieu naturel et humain, aux caractéristiques de conduite et d’alimentation et finalement aux contraintes sanitaires et hygiéniques. Parmi les contraintes sanitaires, le parasitisme constitue une dominante pathologique.

Importance des parasitoses ovines au Maroc

L’appréciation de l’incidence des parasitoses est particulièrement malaisée et ne peut avoir qu’une valeur indicative. On doit tenir compte des pertes directement causées par les parasites (mortalité, saisies), mais aussi des pertes indirectement entraînées par le parasitisme, qui constituent les pertes potentielles ou le manque à gagner. Les pertes économiques résultant de l’infestation parasitaire sont dues:

• à la mort des animaux les plus parasités. Les mortalités moyennes des brebis enregistrées dans différentes régions du Maroc ont atteint 11% et celles des agneaux 16%,

• aux avortements et troubles de la reproduction,

• aux mortinatalités ou naissances d’animaux chétifs à croissance plus lente,

• aux baisses de production: viande, lait  et laine,

• aux saisies totales ou partielles à l’abattoir.

Des investigations effectuées dans certaines régions du Maroc, ont mis en évidence l’impact zootechnique et économique des maladies parasitaires sur les productions ovines. Par exemple au Moyen atlas, la mortalité et la réduction des performances de reproduction des brebis, attribuées aux infestations parasitaires sont alarmantes (un taux de mortalité pouvant atteindre 24% chez les brebis et 30% chez les agneaux; 5% des avortements; une baisse de 12% du taux d’agnelage).