Méthodes de multiplication des abeilles et amélioration du cheptel apicole

Elevage des abeilles en apiculture extensive

L’apiculture extensive consiste essentiellement dans la mise en œuvre de techniques simples, rapides, efficaces ne nécessitant qu’un minimum de main d’œuvre sur chaque colonie, alors que l’apiculture intensive vise des rendements unitaires plus importants mais exige des interventions fréquentes et relativement compliquées.

De plus en plus largement pratiquée, l’apiculture transhumante ou pastorale peut être considérée comme une forme d’apiculture extensive adaptée aux conditions actuelles. Les miellées successives sur lesquelles sont installées les colonies favorisent grandement l’accroissement du cheptel sans manipulation complexe.

L’évolution de l’agriculture, de la sylviculture, les transformations du milieu font qu’actuellement l’exploitation de ruches sédentaires devient de moins en moins rentable. La colonie, si elle n’était déplacée, perdrait alors en assurant le développement de son couvain tout le bénéfice de la récolte; ensuite il lui faudrait survivre dans des conditions difficiles.

Aujourd’hui, avec ces conditions fluctuantes, il semble plus aisé et plus rentable d’exploiter de nombreuses colonies transhumantes plutôt que de rechercher des stations privilégiées où, sans déplacements, on appliquerait les méthodes intensives à grand rendement sur une quantité restreinte de colonies.

L’élevage en apiculture extensive est fondé sur différentes méthodes d’essaimage artificiel par division des colonies fortes auxquelles on fournit par surcroît les nourrissements spéculatifs nécessaires pour pallier, à un moment précis, le manque d’abeilles et les déficiences possibles de la miellée. Parmi les techniques éprouvées on peut citer les suivantes:

Essaim sans recherche de la reine

Diviser la colonie en 2 lots égaux (abeilles, couvain ouvert et operculé, provisions), chacun des lots est logé dans une ruche munie d’une partition. Installer les deux ruches à 20 cm l’une de l’autre, à l’emplacement initial de la souche; les butineuses reviendront et se répartiront entre les deux. Deux heures après cette opération, observer les deux colonies. Chez l’une (A) l’activité paraît normale; l’autre (B) est agitée, fébrile, elle est orpheline.

Prendre la ruche A, la déplacer de quelques mètres dans le rucher, les butineuses reviendront en B installée alors à la place de la souche.

Résultats de l’opération, nous avons:

  •  en A la moitié des jeunes abeilles, la moitié du couvain ouvert et operculé, la moitié des provisions et la reine qui continue sa ponte. Il manque les butineuses. Il faut donc nourrir en conséquence.
  •  en B la moitié des jeunes abeilles, la moitié du couvain ouvert et operculé, la moitié des provisions et les butineuses. Une reine sera élevée et pendant ce temps n’ayant pas de couvain à nourrir les abeilles accumuleront des réserves.

Essaim avec recherche préalable de la reine

Rechercher la reine (avantage du marquage systématique), l’isoler dans une boîte avec le cadre où elle se trouve.

Diviser la colonie de la manière suivante:

  •  3 cadres de jeune couvain recouverts de leurs abeilles, 1 cadre de provisions;
  •  le reste de couvain, la reine et son cadre, le reste des provisions.

La partie orpheline prend la place de la souche et capture les butineuses. L’autre partie, installée dans le rucher, est nourrie si nécessaire. Cette technique, rendue plus laborieuse par la recherche de la reine, équilibre mieux la division d’une colonie que la précédente.

Plusieurs essaims avec une ruche (Méthode de l’éventail)

Cette technique comporte plusieurs phases et doit être obligatoirement appliquée très tôt en saison apicole. La colonie doit répondre aux conditions suivantes:

  •  Posséder une très forte population stimulée par des nourrissements spéculatifs;
  •  Disposer d’une bonne reine âgée dont il faut raisonnablement se séparer.

J : Orphelinage par suppression de la reine

J+3 : Récolte de la gelée royale dans les cellules de sauveté qui sont toutes volontairement détruites. Les abeilles entreprennent alors un autre élevage.

J+12 : Division de la colonie en 3, 4 ou 5 parties (nuclei) suivant l’importance de sa population et le nombre de cellules royales disponibles. Pour chaque nucleus, il faut:

• un cadre de couvain operculé avec au moins une cellule royale,
• un cadre de provisions,
• les abeilles recouvrant ces 2 cadres,
• un ou deux cadres de cire gaufrée ou encore un ou deux cadres bâtis.

Les nuclei ainsi constitués sont logés chacun dans une ruchette 3 ou 4 cadres ou dans une ruche partitionnée. Ils sont installés à l’emplacement de la souche suivant la disposition dite de «l’éventail». Surveiller l’entrée des butineuses dans les différents nuclei qu’il faut rapprocher ou éloigner pour obtenir une répartition équitable. Réduire les entrées à quelques centimètres. Nourrir à la dose d’un litre de sirop par semaine.

  • J+20 : Surveiller les ruches partitionnées qu’il faut peut-être agrandir;
  • J+30 : Contrôler la ponte des jeunes reines. Agrandir au fur et à mesure des besoins et continuer à nourrir à raison d’un demi-litre de sirop par semaine.

Autant d’essaims que de ruches

Cette méthode se déroule en plusieurs phases et nécessite la possession de très bonnes souches:

  •  Jour J: orphelinage de la ou des souches, en fonction du nombre d’essaims à faire, suppression de la reine.
  •  Jour J + 9: contrôler rapidement le nombre de cellules royales disponibles. Retirer autant d’essaims sans reine des souches que l’on veut essaimer. Trois à six heures plus tard, distribuer une cellule royale par essaim. Déplacer les souches et les essaims capteront les butineuses. Nourrir les souches et les essaims.
  •  Jour J + 30: vérifier la ponte des reines dans les nouvelles colonies.

Cette méthode peut être considérée comme convenant bien à la sélection massale puisqu’elle multiplie les descendants d’une souche déterminée sans faire appel à un élevage de reines séparé.