Réutilisation des eaux usées en agriculture au niveau des petites et moyennes communes

Directives environnementales et sanitaires de la réutilisation des eaux usées et des boues résiduaires

Considérations générales

Malgré l’épuration des eaux usées, des directives de précaution en termes environnementaux et sanitaires méritent d’être émises pour la protection des usagers, les consommateurs des produits agricoles, ainsi que les ressources en eaux et en sols. En effet, d’après les directives de la FAO en matière de réutilisation des eaux usées, les mesures de protection suivantes doivent être mises en pratique:

  • Application des normes de réutilisation des eaux usées;
  • Traitement efficace des eaux usées;
  • Contrôle de la qualité de l’eau épurée;
  • Contrôle de canalisation de transport, de distribution et de stockage des eaux épurées;
  • Contrôle des personnes exposées.

D’après l’Office International de l’Eau, en se référant aux directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (1989), on retient trois catégories de contraintes sanitaires C, B et A. Ces contraintes à risques croissants sont liées aux types d’usage des eaux et aux systèmes d’irrigation. Ces contraintes sont de deux types: contraintes biologiques et contraintes chimiques.

Contraintes biologiques

Contraintes de type C

Concernant la qualité microbiologie, aucune limite n’est fixée étant donné les techniques mises en jeu et les types de cultures pratiquées qui ne permettent pas une transmission des risques hydriques. Il s’agit principalement des techniques d’irrigation souterraine ou localisées (micro-irrigation), pour des cultures céréalières, industrielles et fourragères, des vergers et des zones forestières mais aussi pour les espaces verts non ouverts au public.

Contraintes de type B

Les contraintes de type B consistent à respecter le niveau de contraintes suivant: teneur en œufs d’helminthes intestinaux (ténia, ascaris) de 1 par litre. Ceci permettra d’assurer une protection de la population vis à vis du risque parasitologique. La catégorie de personnel concernéedirectement est celle des agriculteurs et ouvriers. Ce niveau est requis pour l’irrigation par le système gravitaire des cultures céréalières et fourragères, des pépinières et des cultures de produits végétaux consommables après cuisson (pommes de terre, choux, carottes, tomate …).

En cas d’irrigation par aspersion, des précautions et mesures particulières arrêtant la dispersion des eaux doivent être prises.

Le niveau de contraintes de type B peut être atteint par une série de bassins de décantation, présentant un temps de séjour d’une dizaine de jours, ou par tout autre procédé présentant une efficacité équivalente.

Contraintes de type A

Le niveau de contrainte A est exprimé par une teneur en œufs d’helminthes intestinaux (ténia, ascaris) de 1 par litre et par une teneur en coliformes thermotolérants de 10.000 par litre.

Sur le plan bactériologique, une protection supplémentaire que le niveau de contraintes A stipule consiste à assurer, outre la protection des personnels des exploitations et du bétail, celle des consommateurs de produits pouvant être consommés crus. Cette exigence de qualité doit être complétée par la mise en œuvre de techniques d’irrigation limitant le mouillage des fruits et légumes.

Ce niveau sera également toléré pour l’arrosage des terrains de sport et d’espaces verts ouverts au public, moyennant des mesures additionnelles minimisant le contact avec la population.

Contraintes chimiques

Selon les recommandations du Conseil Supérieur de l’Hygiène Publique de France, la qualité chimique à laquelle doivent répondre ces eaux est la suivante:

Les effluents à dominante domestique [(de rapport DCO/DBO5<2.5, DCO<750 mg/l et NTK (azote total Kjeldhal<100 mg/l)] peuvent être utilisés, après épuration, pour l’irrigation des cultures et l’arrosage des espaces verts. L’utilisation d’effluents à caractère non domestique, du fait de la présence possible (en quantité excessive) de micropolluants chimiques minéraux ou organiques, reste assujettie à un examen particulier de leur qualité chimique; dans certains cas, elle pourra être interdite.

En ce qui concerne les boues, les valeurs des concentrations mesurées ne doivent pas dépasser, pour au moins un paramètre concernant les éléments traces (Cd, Cr, Cu, Hg, Ni, Pb, Zn), les niveaux fixés par la norme (tableau 4, voir fichier PDF). Un examen plus précis de la qualité de l’eau épurée devra être effectué notamment si cette eau est destinée à l’irrigation des cultures maraîchères, céréalières, industrielles et fourragères ainsi qu’aux pâturages.

Il a été rapporté également la nécessité de connaître et de vérifier régulièrement la composition des eaux usées épurées en éléments fertilisants (N, K, P). Ces données permettront d’adapter en conséquence les éventuels apports nécessaires au plan agronomique et d’éviter les apports excessifs d’azote.

Les directives environnementales relatives à la réutilisation des eaux épurées dans la commune de Drarga sont de quatre types:

  • Directives liées aux cultures pratiquées
  • Directives liées à la pratique de l’irrigation
  • Directives pour la valorisation des boues résiduaires
  • Directives de contrôle et de surveillance de la qualité des sols et des eaux souterraines

L’élaboration de ces directives tient compte des aspects spécifiques de la commune de Drarga: niveau de technicité des usagers, nature des sols, et niveau de la nappe. Leur application sera mise en œuvre par le comité régional constitué.