Réutilisation des eaux usées en agriculture au niveau des petites et moyennes communes

Valorisation des eaux usées épurées

Caractéristiques du périmètre à irriguer

Le volume des effluents épurées passera de 62.000 m3 en fin de l’an 2000 à 150.000 m3 en l’an 2010. Ce volume permettra d’irriguer une superficie agricole 6 à 8 ha durant la campagne agricole 2000-2001 et environ 2,5 ha d’espaces verts à partir de 2005. A partir de 2010, l’excédent d’eau produit sera acheminé vers les cultures de serres avoisinantes. La petitesse de la superficie agricole constitue la contrainte majeure de la mise en eau du périmètre.

Les culture à promouvoir: céréales, cultures fourragères et cultures maraîchères.
Les modes d’irrigation examinées sont: le graviataire avec la technique de Robta (pratique ancienne dans la région) et l’irrigation localisée de type goutte à goutte. Cette dernière peut être généralisée pour tout le périmètre étant donnés ses avantages en terme d’économie d’eau et en termes environnementaux et sanitaires.

Mode de gestion des eaux d’irrigation

L’option retenue consiste à adopter la méthode traditionnelle AMAZAL. Celui-ci, choisi par les agriculteurs, s’occupera de la distribution de l’eau d’irrigation. En ce qui concerne la rémunération de l’AMAZAL, la tradition prévoyait une rémunération en nature (part très faible des rendements). En concertation avec les agriculteurs, la rémunération en nature n’est plus adaptée au contexte actuel et peut se faire de deux manières différentes:

  • les usagers de l’eau payent une somme supplémentaire de 0,10 Dh/m3 et qui servirait à payer l’AMAZAL.
  • L’association attribue un salaire mensuel (à déterminer) à partir de recettes sur l’eau épurée vendue à 0,5 Dh/m3.
Gain économique

Le gain économique généré par la réutilisation des eaux épurées par rapport à l’irrigation avec des eaux conventionnelles est rapporté dans le tableau 2, voir fichier PDF. Ce gain est dû à l’apport des eaux épurées en tant que ressource en eau alternative et aux éléments nutritifs véhiculés par ces eaux. En effet, une lame d’eau épurée de 100 mm (soit 1000 m3/ha) apporterait aux cultures selon un mode équivalent à la fertifgation:

  • 40 Kg d’azote minéral et minéralisable/ha
  • 11 kg de phosphore assimilable/ha
  • 28 kg de potassium/ha

En plus de ces gains liés uniquement à l’eau et sa composition en éléments nutritifs, on escompte un gain significatif en matière de rendements de cultures: Le rendement sera au minimum doublé sinon triplé pour toutes les cultures à promouvoir. Les faibles rendements de cultures pratiquées actuellement sont attribués au manque d’eau, au coût élevé des eaux de pompages et au faible taux d’encadrement technique des agriculteurs.

Ainsi, on peut déduire que le projet de réutilisation des eaux épurées, couplé à un soutien technique des techniciens de l’ORMVA du Souss Massa, permettra aux agriculteurs d’atteindre des rendements beaucoup plus élevés que ceux obtenus actuellement. Le tableau 3 (voir fichier PDF) donne une idée sur l’augmentation prévisible des rendements suite à l’irrigation avec les eaux usées épurées et à l’encadrement technique des agriculteurs.

A ces gains, s’ajoute aussi celui généré par les produits de la roselière et par la valorisation des boues résiduaires. Celles-ci seront co-compostées avec les déchets ménagers et les déchets verts agricoles. Le tonnage de compost produit atteindra près de 943 T/an en l’an 2010. Etant donné le marché favorable pour l’écoulement du compost dans la zone du projet, cela générera des recettes pour la commune. En outre, on mettra en place un modèle de gestion intégrée des déchets basé essentiellement sur le recyclage et la valorisation des déchets liquides et solides.