Itinéraire technique pour la culture intensive de blé au Loukkos

En condition de culture intensive, l’expression du potentiel des variétés recommandées nécessite absolument l’adoption d’un itinéraire technique performant, qui tient compte des conditions édapho-climatiques de la région. Pour une culture de blé en conditions intensives avec un objectif de rendement de 60 qx/ha, l’itinéraire technique doit être basé sur les principes suivants:

Précèdent: Il est déconseillé de cultiver le blé derrière une céréale (blé, orge, avoine). La monoculture aboutit toujours à des chutes de rendement. Aussi s’avère t-il nécessaire d’alterner le blé avec d’autres cultures en fonction de l’assolement de l’exploitation.

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Travail du sol: Un travail du sol profond est conseillé pour enfouir les résidus fins de la culture précédente, les résidus grossiers tels que ceux de la canne à sucre, du maïs, ou du tournesol doivent être ramassés et évacués de la parcelle. En plus le travail du sol a pour objectif d’ameublir le sol sur une grande profondeur afin de permettre un bon développement du système racinaire. Le travail profond doit être effectué dans des conditions optimales d’humidité du sol pour obtenir de bons résultats et éviter de gâcher la structure du sol.

Préparation du lit de semence: Des outils de reprise tel que le cover-crop permettent de reprendre le travail profond du sol sur les 20 premiers centimètres pour obtenir un lit de semence fin. Sur les sols limoneux craignant la formation d’une croûte de battance, il est conseillé de viser un lit de semence moyen avec des agrégats.

Fertilisation de fond: Les engrais phosphatés et potassiques doivent être incorporés au sol au moment de la préparation du lit de semence. Les doses à apporter doivent être déterminées en fonction de la richesse du sol, appréciée par les analyses de sol. En plus, il sera procédé à l’apport d’un tiers de la dose totale d’azote avec les engrais de fond.

Mode de semis: Le semis mécanique au semoir est conseillé car il permet d’obtenir un peuplement régulier et homogène. En plus, le pourcentage de levée est beaucoup plus important avec le semoir qu’avec le semis manuel. Si le semis à la volée doit être pratiqué, il est fortement conseillé de passer un crosskill après le recouvrement pour casser les mottes, améliorer le contact terre-graine et aplatir la surface du sol. Une surface du sol bien plate permet une bonne répartition des engrais et des herbicides en surface, et permet de baisser la barre de coupe de la moissonneuse batteuse sans pour autant ramasser des pierres et des mottes et donc la récolte se fait dans de bonnes conditions et avec un minimum de pertes.

Dose de semis: La dose de semis doit permettre de réaliser un peuplement optimal de 350 pieds/m2. En guise d’exemple, pour des variétés ayant un poids de mille grains de 40 mg, avec un pourcentage de levée de 85%, cela équivaut à une dose de semence de 165 Kg/ha. Si le semis est fait à la volée (sans passage de crosskill), il faut s’attendre à un pourcentage de germination-levée de l’ordre de 70%, la dose de semence sera dans ce cas de 200 Kg/ha. En cas d’infestation par la cecidomyie, il est conseillé de renforcer la dose de semis.

Date de semis: La date optimale de semis est celle qui permet à l’agriculteur de placer ses semences dans le sol avant le pic de pluviométrie qui s’observe vers la mi-novembre. En conséquence, il est conseillé de semer les blés au Loukkos durant la première quinzaine de novembre au plus tard sous peine d’être dans l’impossibilité de rentrer dans les champs avec des sols très humides après le 15 novembre.

Fertilisation azotée: Le calcul de la dose totale d’azote à apporter doit tenir compte des exportations de la culture qui sont fonction du rendement objectif (ici par exemple 60 qx/ha), sachant que le blé tendre et le blé dur exportent respectivement 2,5 et 3,3 Kg par quintal de grain produit. On doit aussi tenir compte du précédent cultural qui laisse derrière des reliquats d’azote plus ou moins importants selon l’espèce, et de la richesse du sol en matière organique qui permet une fourniture d’azote par minéralisation. En plus il faudrait tenir compte des pertes par lessivage et tenir compte du coefficient de recouvrement de l’engrais azoté et qui est de l’ordre de 0.65.

La dose totale d’azote est à fractionner en 3 apports, 1/3 au semis, 1/3 au début tallage et 1/3 en début montaison (stade épi à 1 cm).