Réutilisation des eaux usées en agriculture au niveau des petites et moyennes communes

Cultures à promouvoir: avantages et inconvénients

Sur la base de la liste retenue pour les cultures à promouvoir, on reporte dans le tableau 5 (voir fichier PDF) les avantages et inconvénients de chacune des spéculations.

Directives liées aux pratiques d’irrigation

L’irrigation gravitaire nécessite des mesures majeures de protection:

  • bien maîtriser la dose appliquée pour éviter une percolation des eaux en profondeur qui entraînerait des nitrates vers la nappe;
  • les ouvriers irriguants doivent être protégés et sensibilisés.
  • éviter la stagnation d’eau sur le sol

Les produits des céréales ne représentent aucun risque. Les cultures fourragères doivent faire l’objet d’un contrôle de qualité microbiologique.

L’irrigation au goutte à goutte, à part son coût relativement plus élevé mais compensé par l’efficience élevée, ne posera à priori aucun risque sanitaire étant donné le très faible contact possible entre les organes des plantes cultivées et l’eau d’irrigation. Toutefois, les précautions suivantes doivent être prises:

  • choisir des types de goûteurs moins sensibles à l’obstruction;
  • manipuler avec soins les fruits et particulièrement pour le cas de la tomate qui peut être consommée à l’état frais;
  • bien entretenir les canalisations et vannes;
  • bien laver les produits, notamment maraîchers, avant livraison à domicile ou sur le marché.

Tous les produits doivent être soumis à un contrôle de qualité microbiologique à la récolte.

Directives liées à la valorisation des boues résiduaires

Comme il a été souligné auparavant, les boues résiduaires doivent être compostées pour garantir une suppression totale des germes pathogènes. Dans le cadre d’une gestion intégrée des déchets liquides et solides, il serait préférable de procéder à un co-compostage des boues avec les déchets ménagers et les déchets verts agricoles.

Le risque majeur qui persiste après le compostage réside dans les métaux lourds. Dans le contexte actuel de la localité de Drarga où les activités industrielles génératrices d’une pollution métallique sont quasi-inexistantes et où on prévoit un tri à la source des déchets ménagers permettant de valoriser les 80 % de matières fermentescibles par compostage, on peut considérer que le risque lié à ce type de pollution est minime.

Toutefois, une surveillance par des analyses des éléments traces dans le compost s’imposera. Sur la base de ces analyses et des normes disponibles, les doses d’application seront définies. Les normes de quelques principaux métaux lourds plus fréquent et à caractère nocif élevé sont présentées dans le tableau 4 (voir fichier PDF).

Directives de surveillance

La surveillance s’opère par un suivi régulier des différentes composantes du système de traitement et de réutilisation des eaux usées, des canaux et différentes composantes du système d’irrigation, des boues résiduaires, des produits agricoles etc…. Le tableau 6 (voir fichier PDF) relate les principaux paramètres de suivi de qualité et la fréquence de suivi.

Pour le cas de la qualité des eaux souterraines, il est recommandé d’installer des lysimètres (deux par bande) pour évaluer la qualité des percolats et particulièrement la concentration nitrique des eaux infiltrées au delà des zones racinaires. En effet, étant donnés la faible superficie irriguée avec les eaux usées épurées et l’impact négatif déjà démontré de la fertilisation azotée abusive des cultures maraîchères et de bananier cultivées dans l’environnement du site du projet, seule la méthode lysimétrique permettra d’avoir des indicateurs d’impacts de la réutilisation des eaux usées épurées sur la qualité des eaux.

Un suivi sanitaire et agronomique doit donc être assuré de manière périodique.

Directives liées à l’information des agriculteurs irriguants

Les agriculteurs doivent être sensibilisés et bien informés sur les faits suivants:

  • la réutilisation des eaux usées épurées en tant que méthode fiable de substitution;
  • les mesures nécessaires à entreprendre pour éviter les risques sanitaires;
  • les changements de qualité des effluents épurés et les pannes éventuelles.

Cette sensibilisation doit être renforcée par un encadrement technique des agriculteurs qui leur fournira les conseils en matière de protection des ouvriers en contact avec les eaux usées, en matière de bonnes pratiques agricoles et en matière d’interprétations des analyses de sols.