Les maladies du blé: identification, facteurs de développement et méthodes de lutte

Les Septorioses
Agents pathogènes: Septoria tritici, Septoria nodorum

Deux espèces de Septoria s’attaquent au blé:

– Septoria tritici, responsable de la septoriose des feuilles.
– Septoria nodorum, responsable de septoriose des feuilles et des épis.

Importance

Des attaques sévères de septorioses sont observées au Maroc en année humides et pluvieuses, depuis l’introduction des variétés semi-naines et précoces (1969). Les pertes de rendement peuvent aller jusqu’à 40%. C’est surtout Septoria tritici qui est la plus abondante sur blé tendre. Alors qu’il y a des indications que c’est Septoria nodorum qui prédomine sur les nouvelles variétés de blé dur.

Identification des symptômes

Septoriose des feuille (Septoria tritici)

Les premiers symptômes sont observés sur les feuilles du bas et progressent au fur et à mesure vers les feuilles supérieures de la plante. Ces symptômes se présentent sous forme de taches allongées de taille variable sur les feuilles. Les taches sont d’abord chlorotiques et deviennent nécrotiques par la suite. Dans les parties nécrosées des feuilles, des fructifications se forment. Elles sont visibles sous forme de petites boules microscopiques soulevant légèrement l’épiderme. Il s’agit de pycnides qui ont l’aspect de petits points noirs, isolés, globuleux ou ovales.

A l’intérieur des pycnides se trouvent les conidies ou les pycniospores. Elles sont allongées, filiformes, droites ou arquées, hyalines, subdivisées transversalement par de nombreuses cloisons.

Septoriose des feuilles et épis (Septoria nodorum)

Les symptômes se manifestent aussi bien sur le feuillage que sur les glumes, la gaine des feuilles et les nœuds. Sur les feuilles, se forment des taches ovales ou lenticulaires brunes. Elle peuvent être entourées d’une chlorose ou jaunissement périphérique. Lorsque les taches de septoriose sont abondantes sur une feuille, elles se rejoignent pour former de grandes plages nécrotiques.

Après quelque temps, des fructifications se forment sur les nécroses et sont visibles sous forme de petites boules soulevant légèrement l’épiderme. Ces boules ou pycnides de couleur brun clair sont beaucoup moins apparentes que celles de S. tritici. Plus tard, ces pycnides virent au gris-foncé, et à ce moment là, leur distinction de celles de S. tritici devient moins apparente et seul un examen microscopique les différencierait.

Le démarrage de la maladie est souvent difficile à détecter. La maladie commence sous forme de nécroses apicales. Par la suite, ces nécroses se généralisent sur la feuille en leur donnant un aspect qui se confond facilement avec la sénescence normale des tissus. Ce n’est que sur la base d’observation de groupes de pycnides sur les feuilles nécrosées qu’on peut confirmer la présence de S. nodorum.

Cette situation est observée surtout en cours de montaison sur les feuilles situées à la base de la plante où l’humidité est importante.

En cas de forte attaque, la maladie atteint les glumes des épis. Elle affecte plus particulièrement la partie supérieure des glumes. Les symptômes sur les glumes se manifestent par de petites taches grises qui vont s’étendre jusqu’à la base en faisant apparaître des pycnides de couleur gris foncé ou brune. Les grains atteints présentent des colorations brunes ou des symptômes d’échaudage.