Systèmes accélérés de reproduction chez les ovins

La productivité d’un troupeau ovin est fonction de la fertilité et de la prolificité des brebis ainsi que du poids et de la viabilité des agneaux. Or parmi toutes ces composantes, il semble que c’est la prolificité qui a l’impact le plus important sur la productivité.

La prolificité ou le nombre d’agneaux nés peut être améliorée soit en augmentant le nombre d’agneaux nés par agnelage ou en augmentant le nombre d’agnelages par brebis et par an. La 1ère voie peut être accomplie par sélection des meilleurs reproducteurs sur la prolificité ou par croisement avec des races prolifiques, comme la D’man. L’accroissement du nombre d’agnelages par brebis et par an peut être réalisé en accélérant le rythme d’agnelage.

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Dans ce bulletin, on va passer en revue les principaux systèmes d’agnelages accélérés qui sont utilisés pour améliorer la productivité des troupeaux ovins.

Pourquoi la brebis ne fait, généralement, qu’un seul agnelage par an?

Contrairement à la vache qui a une activité sexuelle continue sur toute l’année, la brebis a une saison sexuelle bien limitée. Au Maroc, excepté la race D’man dont la saison sexuelle s’étend sur toute l’année, avec une légère diminution au cours des mois de mars et d’avril, les autres races locales sont en activité sexuelle entre les mois de mai et de décembre. Cela veut dire qu’en dehors de cette période, plus de 50% des brebis des races Timahdite, Sardi, Béni Guil, Béni Ahsen et Boujaâd ne peuvent pas être saillies. On dit que les brebis sont en repos sexuel et la période est appelée anœstrus saisonnier.

Cette limitation de l’activité sexuelle des brebis à une période limitée de l’année explique pourquoi les brebis de races locales ne peuvent généralement réaliser qu’un seul agnelage par an. Ainsi, si une brebis est saillie le 1er juin, elle va agneler, après 5 mois de gestation, vers le 1er novembre. Or, la mise bas est toujours suivie d’une période de repos sexuel appelée anœstrus post-partum ou de lactation et dont la durée est en moyenne de 2 à 3 mois. Pour cette brebis, la période d’anœstrus post-partum se termine vers le mois de janvier qui coïncide avec l’anœstrus saisonnier. Par conséquent, la brebis ne peut pas être saillie de nouveau et doit attendre la prochaine saison sexuelle pour le faire. C’est pour cela qu’elle ne peut réaliser qu’un seul agnelage par an.

Ainsi, on constate que la nature a bien fait les choses. Les races locales, qui dépendent essentiellement des parcours pour leur alimentation, ont une saison sexuelle qui résulte en des agnelages qui ont lieu à une période où l’herbe est disponible sur le parcours. Cette stratégie reproductive, qui peut être assimilée à une “méthode contraceptive naturelle”, permet d’éviter les saillies entre les mois de janvier et d’avril dont les naissances coïncident avec la saison d’été où les parcours sont pauvres.

Il est admis que le schéma général de la saison sexuelle est valable pour plus de 50% des brebis. Cependant, il existe des brebis de races locales qui possèdent une saison sexuelle plus longue et/ou un anœstrus post-partum plus court que la normale. Ce sont ces brebis qu’il faudrait identifier car elles pourraient réaliser plus d’un agnelage par an et elles sont, par conséquent, adaptées au système d’agnelages accélérés.