Techniques de production du piment rouge (Niora) au périmètre irrigué du Tadla

Fertilisation

Fumure organique

C’est à l’automne qu’il est souhaitable d’incorporer au sol la plus grande partie du fumier disponible, avant la préparation des terres destinées à la culture de la Niora. Cette plante exige une grande quantité de fumure. Il ne supporte pas le fumier récent. Il donne plutôt de bons résultats lorsque le fumier est bien décomposé. Les doses d’emploi seront naturellement liées aux disponibilités; elles doivent être aussi généreuses que possible pour atteindre un niveau minimum de 1% de la matière organique dans les premiers 25 cm du sol.

En fonction des analyses de sol, des quantités variables peuvent être apportées en tête de rotation:

– sur les parcelles normalement pourvues en matières organiques (et n’ayant pas subi de défoncement trop profond): de 2 à 5 tonnes d’humus, soit 20 à 50 tonnes de compost fermier ou 8 à 20 tonnes de compost industriel.

– sur les parcelles pauvres en matières organiques ou ayant subi un défoncement profond: de 5 à 15 tonnes/ha d’humus, soit 50 à 150 tonnes de compost fermier ou 20 à 60 tonnes de compost industriel.

Engrais minéraux

Le régime des engrais doit être fondé sur des analyses préalables du sol pour fournir tous les éléments minéraux indispensables à la croissance des plantes. La disponibilité de ces nutriments dépend du type de sol et des conditions de milieu, et de ce fait les recommandations locales pour l’application d’engrais varient énormément. Il existe plusieurs formes d’engrais dans le marché dont le choix doit être basé sur les critères suivants:

– Type d’irrigation: gravitaire ou localisée;
– Economie (coût/bénéfice);
– Connaissance sur le produit et son utilisation.

L’azote

La Niora est très exigeante en azote durant les premiers stades de la culture. Il est préférable d’administrer les engrais azotés avant la transplantation. Ceci aide les plants de se maintenir vigoureux. Au cours de la croissance, plus d’azote doit être appliqué pour obtenir de meilleurs rendements.

Après la première récolte, il faut contrôler la dose pour ne pas retarder le mûrissement des fruits et favoriser l’apparition des maladies. Lorsque les boutons floraux commencent à apparaître, il faut appliquer 22-34 kg/ha d’azote et reprendre la même dose lors de la nouaison.

Le phosphore

Les engrais phosphatés n’étant pas lessivés, ils peuvent être employés à n’importe quelle période de l’année. Il est préférable de les apporter pendant l’automne et de les enfouir pour qu’ils soient disponibles au niveau des racines au printemps. Selon leur forme, ils sont plus ou moins solubles et donc ont une rapidité d’action plus ou moins grande. Les superphosphates sont les formes les plus solubles, les phosphates naturels sont les moins solubles.

Le potassium

Les engrais potassiques sont plus ou moins lessivés selon la capacité du complexe argilo-humique du sol. Plus le sol est lourd, plus la potasse est retenue. Dans ce cas, il vaut mieux apporter la fumure potassique à l’automne et si possible l’enfouir pour qu’elle se trouve plus rapidement au niveau des racines. En sol filtrant, le potassium est rapidement lessivé, il doit donc être apporté au printemps, pour être encore au niveau des racines au moment où elles en ont besoin.

La composition des engrais dépend du cycle végétatif de la Niora qui est de 210 jours en moyenne. Ainsi, les apports des engrais devront être fractionnés comme le montre le tableau 1.