Stratégie de gestion et coût d’utilisation du tracteur aux Domaines Agricoles du Gharb

Optimisation de la période d’immobilisation

Les problèmes mécaniques pour lesquels les tracteurs d’un vieux parc peuvent tomber en panne sont très divers. Les plus fréquents (figure 2, voir fichier PDF) sont l’ensemble électrique (39 %), le moteur thermique (14 %), le pont (13 %), les pneumatiques (8 %), l’injection (7 %), l’embrayage (6 %), le relevage hydraulique (5 %), alors que les organes moins “vulnérables” et peu touchés par la panne même sur un vieux tracteur (sauf en cas de vice de fabrication) sont le boîtier de direction (5 %), la boîte de vitesses (2 %) et le système de freinage (1 %).

Dans les limites de l’échantillon étudié, il ne semble pas y avoir de besoin en réparation particulièrement liée à la marque. Par contre, on note une fréquence d’intervention plus importante sur les tracteurs plus vieux que sur les moins vieux, sur les fruitiers 4RM évoluant dans les conditions boueuses des agrumes que sur les 2RM dédiés aux travaux légers des grandes cultures.

Le principe de l’immobilisation minimum du matériel en cas de réparation étant admis, par contre aucune norme de période d’arrêt par type de panne n’a été formalisée par l’Atelier Central du Gharb.

D’une manière générale en période d’activité moins intense, la grande mobilité des équipes permet de régler les petites pannes (démarreur, pneumatiques, fuites d’huile, …) dans la journée ou l’heure qui suit l’appel radio. Par contre les grosses réparations du genre rénovation du moteur, ouverture du pont, de boîte de vitesse,… peuvent durer plus ou moins longtemps (3 semaines à plusieurs mois).

En présence d’un vieux parc, c’est la pièce de rechange qui détermine les temps de mise en attente du matériel pour la réparation dans le contexte marocain. L’utilisation de la pièce neuve d’origine n’est pas compatible avec un parc vétuste où l’ensemble mécanique à changer (un boîtier de direction, une boite de vitesse) coûte parfois plus cher que le tracteur lui même. Au Gharb, la gestion du parc tracteurs aurait été d’ailleurs intenable (et surtout non rentable) si à côté, il n’y avait pas un second parc réformé des mêmes marques (et des mêmes modèles) servant en partie de donneurs d’organes mécaniques aux engins en panne.

Pour limiter l’utilisation de la pièce neuve, beaucoup d’ensembles mécaniques complets sont également achetés aux grands centres de matériel réformé de Berrechid, Casablanca et Meknès. Le choix nécessite cependant un œil d’expert pour vérifier si l’état des pièces proposées leur permet d’être encore utilisées.

Une immobilisation de longue durée peut être également la conséquence d’un prix exorbitant de la pièce sur le marché (pompe à eau d’un petit fruitier à 7.000 Dh) ou d’une pièce introuvable ni sur place ni à l’étranger. Dans ces conditions, il n’ y a pas d’autre choix que de mettre le tracteur en attente le temps d’en confectionner une par l’Atelier lui même, ou d’opérer de réelles adaptations ou transformations (dont le résultat n’est pas toujours évident) sur l’ensemble mécanique concerné.