Fertilisation Minérale des Cultures Les éléments minéraux secondaires et oligo-éléments

LES OLIGO-ELEMENTS

Généralités

Les oligo-éléments sont des micro-éléments dont la plante a besoin en petites quantités. Les plus importants sont au nombre de huit: Le fer (Fe), le manganèse (Mn), le zinc (Zn), le cuivre (Cu), le bore (B), le molybdène (Mo), le chlore (Cl) et le nickel (Ni).

On distingue deux types de déficience due aux oligo-éléments:

tt La déficience absolue, originelle ou vraie, due à l’absence presque totale de l’élément en réserve dans le sol. Dans ce cas, il suffira d’ajouter au sol l’élément qui fait défaut pour que la carence disparaisse.

tt Les carences conditionnées, relatives ou induites, généralement observées dans les conditions de la pratique agricole. Dans ce cas, l’élément considéré ne manque pas dans le sol, mais il est rendu inassimilable; ce blocage est souvent dû à un pH élevé, à des antagonismes d’ions, à un taux élevé de matière organique ou à des pertes dues au lessivage.

Le Fer (Fe)
Rôles physiologiques

Le fer est l’oligo-élément qui est nécessaire en plus grande quantité. Le fer est un constituant de plusieurs enzymes à hème et sans hème. L’hème étant un complexe qui forme le groupement prosthétique de plusieurs enzymes: catalase, peroxydase et cytochrome oxydase.

Déficience

La déficience en fer peut être induite lorsque le pH du sol est élevé, dans des situations de mauvaise aération, ou quand on a des niveaux élevés de zinc, de manganèse et de calcaire. Les symptômes varient avec l’âge de la feuille, la sévérité de la déficience et parfois avec les conditions du milieu. Les symptômes de carence en fer se caractérisent par la couleur vert-clair des jeunes feuilles.

Les céréales sont considérées par plusieurs auteurs assez insensibles à la déficience de fer. L’ordre de sensibilité décroissante est comme suit:

Avoine > orge > blé > seigle

Comme plantes sensibles, il y a l’haricot, la tomate et le choux-fleur. Le lupin est la légumineuse la plus sensible à la chlorose calcaire.

Pour la vigne, la chlorose ferrique frappe surtout les jeunes plantations de deux à trois ans. Le classement des espèces arboricoles selon leur sensibilité décroissante est comme suit:

Vigne > cerisier > pêcher > poirier

Correction

Plusieurs pratiques sont proposées pour corriger la carence en fer: Apport direct au sol, pulvérisation foliaire ou fertigation. A cet effet, le tableau 2 (voir fichier PDF) propose les principales sources de fer. L’utilisation du nitrate ferrique liquide pour la pulvérisation foliaire en présence d’un agent capable de pénétrer dans les cellules de la plante est intéressante.

Par ailleurs, l’apparition de chélates de fer a ouvert une nouvelle voie dans le domaine de la correction de la chlorose ferrique. Ces chélates peuvent être incorporés au sol ou pulvérisés directement sur la plante. Dans le cas de l’application des chélates de fer au sol, il faut tenir compte de l’effet du pH. Si on a un pH alcalin en présence de fortes concentrations de Ca2+ dans le sol, les chélates pourraient devenir insolubles, et ce par la formation des complexes Ca-chélates et la précipitation du fer sous forme d’oxydes de fer. Dans les sols à pH élevé, les chelates EDDHA sont les plus convenables. Dans les sols acides, le complexe Fe-DPTA est le plus efficace.

Vu que les chélates utilisés pour la correction de la déficience en fer sont coûteux, ils sont non justifiés sur grandes cultures à revenu par hectare moyen ou faible. Un bon travail du sol et un choix approprié des cultures peuvent limiter la chlorose. On suggère alors l’enfouissement de la matière organique, d’un engrais ammoniacal, de sulfate ou de pyrite pour réduire le pH du milieu. Egalement, un bon travail du sol visant la réduction du compactage et l’amélioration du drainage peuvent diminuer le risque de la chlorose.