Fertilisation Minérale des Cultures Les éléments minéraux secondaires et oligo-éléments

Le Cuivre (Cu)
Rôles physiologiques

L’implication du cuivre dans la chaîne photosynthétique a été démontrée par plusieurs auteurs. En effet, 70 % du cuivre disponible dans la plante est localisé dans les chloroplastes. Le cuivre intervient aussi dans la formation de la lignine qui est parmi les éléments qui confèrent à la cellule son élasticité ainsi que sa stabilité.

Par ailleurs, l’implication du cuivre dans le processus de fixation biologique de l’azote et dans la régulation de l’absorption du manganèse. En présence d’une carence en cuivre, l’absorption de manganèse s’accélère conduisant ainsi à la toxicité de la plante. Ce phénomène s’observe surtout dans les sols acides.

Déficience

Le cuivre est un élément dont la plante a besoin en faibles quantités dans une fourchette de 25 à 150 g/ha. La carence en cuivre est souvent rencontrée dans les sols organiques et expliquée par le fait que le cuivre est plus rapidement adsorbé par la matière organique du sol que les autres éléments. Un pH élevé peut aussi induire un stress nutritionnel en cuivre, la déficience en cuivre est observée au-dessus du pH 7.

La carence en cuivre a été signalée après une fertilisation azotée intense. Ceci est du au fait que la fertilisation azotée retarde la sénescence des feuilles âgées. La translocation du cuivre à partir de ces feuilles est diminuée. Un antagonisme entre zinc et cuivre a été décelé. Les symptômes de carence en cuivre se manifestent d’abord sur les jeunes feuilles, en raison de la faible mobilité du cuivre.

Les céréales, à l’exception du seigle, sont considérées les plus sensibles, suivies des légumineuses notamment la luzerne et le trèfle violet. Sur céréales, la déficience en cuivre est observée d’abord sur les bouts des feuilles, au stade tallage. Le bout devient blanc et les feuilles sont étroites et déformées. La croissance des entre-nœuds est affectée, et on observe une réduction de l’inflorescence. Dans les cas moins sévères, l’inflorescence peut avoir lieu mais le développement des épis est affecté, et quant ils sont formés, ils prennent une coloration violette.

Chez les graminées fourragères cultivées sur sols carencés en cuivre, le symptôme de déficience se manifeste sous forme de “bout blanc” des jeunes feuilles.

Concernant les arbres fruitiers, les extrémités des rameaux sont dénudées et desséchées. Sur pommier et poirier, la déficience en cuivre débute par le brunissement des extrémités des pousses en croissance active. Parmi les arbres fruitiers, les agrumes sont les plus sensibles à cette carence. Le pommier, l’abricotier, l’olivier et le palmier sont de bons indicateurs de la déficience en cuivre.

Correction

L’apport peut se faire par incorporation au sol (en bandes ou en plein) ou par pulvérisation foliaire. Le cuivre est faiblement lessivé dans le sol; donc une application de base préventive permettra de couvrir les besoins de la plante en cuivre. L’apport des engrais incorporés au sol est plus efficace que les applications foliaires. En raison de la forte adsorption du cuivre par les colloïdes du sol, les doses à apporter doivent être supérieures aux prélèvements pour assurer une meilleure alimentation en cuivre.

Le sulfate de cuivre (CuSO4) est la forme minérale la plus utilisée pour corriger la déficience en cuivre. On recommande le mélange de CuSO4 avec la terre pour un meilleur contact avec la racine. Une seule application de 1 à 10 kg Cu/ha est souvent adéquate dans les sols minéraux. Des teneurs plus élevées sont parfois nécessaires dans les sols organiques.

Les doses de cuivre à appliquer par voie foliaire pour corriger la déficience vont de 0,09 à 4 kg Cu/ha sous forme de CuSO4. Il est recommandé de procéder à une pulvérisation foliaire de 2,2 kg de cuivre sous forme de CuSO4 dans 280 litres d’eau par hectare pour corriger la carence en cuivre sur maïs, soja et blé. Par ailleurs, le cuivre est un élément très phytotoxique et qui peut déprimer la croissance; il convient donc de l’utiliser avec précaution. Le tableau 3 (voir fichier PDF) propose les principales sources de cuivre.