La mouche blanche et le virus des feuilles en cuillère de la tomate (TYLCV)

La lutte biologique

La lutte biologique est intéressante face aux limites de la lutte chimique. L’utilisation d’auxiliaires, combinée à des moyens mécaniques, permet de contenir les populations, à condition de connaître précisément la biologie de la mouche blanche et de réduire significativement les sources du TYLCV. Aussi bien l’aleurode des serres que la mouche blanche du coton ont un grand nombre d’ennemis naturels comprenant des insectes prédateurs, des parasitoides et même des champignons entomopathogènes.

Prédateurs

De très nombreux arthropodes prédateurs généralistes sont susceptibles de consommer les mouches blanches: araignées, Anthocoridae, Coccinellidae (photo 12, voir fichier PDF), Chrysopidae, Hemerobidae et la plupart des Miridae. D’une manière générale, ils ne sont pas efficaces seuls, sauf peut-être Macrolophus caliginosus (Photo 13, voir fichier PDF), déjà largement employé en tomate en Europe et en Amérique du nord.

Parasitoides

Ce sont deux micro-hyménoptères, Encarsia formosa (photo 14, voir fichier PDF) et Eretmocerus eremcius (photo 15, voir fichier PDF). Ces insectes pondent leurs œufs dans (ou sous) les larves d’aleurode. Après éclosion, les larves de parasitoides dévorent leur hôte et se nymphosent à l’intérieur. Le choix dans leur utilisation en lutte biologique découle de leurs préférences alimentaires et leur biologie.

La protection intégrée

La protection intégrée est tout simplement l’utilisation combinée et judicieuse de tous les moyens de lutte discutés ci-dessus. Même si la plupart des composantes de la lutte intégrée ne sont pas récentes, la combinaison de plusieurs moyens de lutte est de plus en plus populaire dans les milieux des producteurs.

La lutte biologique a déjà démontré ses potentialités au Maroc contre les mouches blanches grâce à des auxiliaires tels que Eretmocerus sp. Son efficacité est parfois limitée par l’installation d’un déséquilibre entre la population d’auxiliaires et la population d’aleurodes au bénéfice de cette dernière. La bonne sélectivité des larvicides actuellement sur le marché vis-à-vis des auxiliaires donne la possibilité d’utiliser ces produits pour rattraper cette situation et réduire le nombre de larves par plante.

Comme il n y a pas de produit “viricides”, le moyen le plus efficace de réduire l’incidence virale est d’exclure le vecteur et d’éliminer systématiquement les sources de virus. Sur ce plan, les cultures de tomate de plein champ sont très difficile a protéger et sont donc condamnées à disparaître sauf si des variétés vraiment tolérantes au TYLCV sont mises sur le marche marocain. Des hybrides sont actuellement disponibles pour les cultures de tomate sous serre au Maroc mais à des prix très élevés (130-220 Dhs/gramme de semence). Malheureusement, bien que ces hybrides soient tolérants au TYLCV, ils n’ont pas montré de bonnes performances agronomiques (qualité et rendement) dans les conditions de la serre en plastique dans le Souss. D’autres hybrides, plus performants agronomiquement et avec une résistance supérieure (photo ci-dessous, voir fichier PDF), seront disponibles dans le commerce au Maroc à partir de l’été 2001.

La protection de l’environnement, de la santé du consommateur (national et international) et de l’utilisateur, les régulations de plus en plus sévères concernant les résidus des pesticides, l’opinion du consommateur et des écologistes doivent inciter nos producteurs à une moindre utilisation des pesticides. Quelle est alors l’alternative? La production et la protection intégrées, une combinaison des meilleures stratégies de management et de lutte utilisant le bon sens et qui est susceptible de produire des résultats dans le court, moyen et surtout le long terme.