La mouche blanche et le virus des feuilles en cuillère de la tomate (TYLCV)

Le TYLCV une grave virose introduite accidentellement au Maroc

Depuis presque deux ans, les producteurs de tomate au Maroc ont vu leurs récoltes considérablement amoindries à cause d’une nouvelle maladie provoquée par le virus des feuilles jaunes en cuillère (TYLCV ou Tomato Yellow Leaf Curl Virus), un virus du groupe des géminivirus, transmis exclusivement par l’espèce de mouche blanche Bemisia tabaci.

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Il a été introduit au Maroc en 1998, probablement à partir d’Almeria, à travers des plantules de tomate infestées. Cependant, il n’est pas exclu que le TYLCV ait été introduit au Maroc à travers des mouches blanches virulifères sur des plantes qui ne sont pas sensibles au TYLCV (fraise, rosacées ou autres). Il est important de préciser que le TYLCV n’est pas transmis à travers la semence.

Les symptômes du TYLCV (Photo 1, voir fichier PDF) apparaissent généralement deux semaines après la transmission du virus par la mouche blanche. C’est pourquoi il y a diffi-culté à corréler le pourcentage d’infection virale (symptôme visibles) avec la population courante de la mouche blanche. L’infection par le TYLCV bloque le déve-loppement des plants et provoque une réduction de la taille des feuilles et un raccourcissement des entre-nœuds ce qui entraîne un nanisme de la plante spé-cialement quand l’infection est précoce. La plante infectée ne produit plus de fruits.

Les dégâts directs et indirects de la mouche blanche sont tellement sévères sur tomate cultivée en plein champ et sous serre que bon nombre de producteurs ont abandonné leurs cultures, en 1999 et 2000, dans les régions de Moulouya, d’El Jadida et du Souss. Ces dégâts ont conduit à l’arrachage en cours de culture de quelques centaines d’hectares de tomate de plein champ comme sous serre.

Même quand les producteurs ont essayé de maintenir les cultures de plein champ, avec un rythme soutenu de traitements chimiques (10 fois plus), les pertes dues au TYLCV étaient sévères dans plusieurs situations (perte de rendement de 90%). La production de la culture de tomate de plein champ représente entre 15 et 20% de la production nationale. A moins d’avoir des variétés résistantes au TYLCV, les cultures de tomate de plein champ seront vouées à disparaître, du moins dans les régions à agriculture intensive comme le Souss.