L’élevage de la génisse de race Holstein au Maroc

On présente quelques  indicateurs de performances de l’Atelier  d’élevage des génisses  de l’étable  de la société Mazaria, sise au nord ouest du Maroc. Sur les 3065 génisses nées à la date de réalisation de la présente étude, le bilan réalisé, montre une perte d’effectif par mortalité de 4.86 %, un taux de réformes de 2.12 % (free martin, croissance insuffisante, …), des  poids d’environ 40 kg à la naissance, 94 kg au sevrage de 92 jours, 434 kg à 15,4 mois et 568 kg  au postpartum.

Télécharger

Avec une insémination précoce à 15.4 mois, le taux de réussite de la première insémination est de 54%  (28% pour la deuxième), l’âge moyen au premier vêlage est  25.5 mois, et la production laitière correspondante à 305 j en seconde lactation est d’environ 9000 kg. Dans les conditions d’élevage de Mazaria et dans les  limites de l’échantillon étudié, le prix de revient d’une génisse s’élève 15221 Dh.

Abstract

We present some performance indicators on the heifers rearing of the stable of Mazaria society, located at the north west of Morocco. Of the 3050 heifers born at the date of the completion of this study, the results obtained, show a loss of actual number by 4.86 % due to mortality, a reform rate of 2.12 %  (free martin, poor growth, …), a weights of approximately 94 kg at 92 days weaning, 434 kg at 15.4 months. The rate of success of first insemination was 54% (28% for the second insemination), the average age at first calving was 25.5 months, and milk production corresponding to 305 d at the second lactation was approximately 9000 kg. Under conditions of Mazaria and of the limitations of the sample studied, the cost of a heifer is 15221 Dh.

Introduction

Au Maroc, le contexte économique dans lequel évolue l’élevage laitier moderne, n’est pas fondamentalement différent de celui des autres pays à vocation laitière. Il en est de même des causes communes pour lesquelles le secteur de la production laitière est resté peu rentable. Alors que le coût de l’alimentation, qui représente environ 65 % du prix de revient du lait (ensilage, tourteaux, luzerne, CMV …), a beaucoup augmenté ces dernières années, le prix du lait lui, est resté pratiquement inchangé depuis 20 ans, malgré une offre quantitative en permanence faible par rapport à la demande exprimée du marché. Le lait ne fait pas officiellement partie de la liste des produits de première nécessité soutenus par la caisse de compensation, mais implicitement c’est l’Etat qui en fixe le prix et non les mécanismes classiques de la loi de l’offre et de la demande.

A l’instar des autres pays, au Maroc, le lait rémunéré en tant que matière première, est donc une activité sinon déficitaire, du moins à la limite du seuil de rentabilité, du fait des fortes charges incompressibles qu’exige sa production et du faible prix payé à l’éleveur. Et puisque l’Atelier du lait n’est pas très rentable, il va sans dire que c’est dans les autres ateliers annexes, en particulier l’élevage des génisses (éventuellement l’engraissement des veaux), que l’éleveur doit rechercher des compléments de marges pour assurer la durabilité du système.

En élevage laitier, les génisses sont en partie produites pour remplacer les vaches destinées à la réforme (vaches en fin de carrière, vaches à problèmes, faibles productrices), mais également pour être vendues comme génisses gestantes à des tiers en cas de surplus. Dans les deux cas, il faut une bonne génisse en mesure de répondre au besoin de l’éleveur et produite de façon économique, si l’on veut tirer de bonnes marges de cet atelier (haute productivité, longévité, faible coût de revient).

Le but de ce bulletin, est de présenter l’expérience de la société Mazaria au Maroc, en matière d’élevage des génisses de race Holstein.