La résistance aux anthelminthiques chez les ruminants: Situation actuelle et mesures de contrôle

Importance de la chimio-résistance

Répartition géographique

Les résistances des strongles aux antiparasitaires modernes issus de la chimie de synthèse ont pris une importance considérable dans les pays tropicaux: Amérique du Sud, Afrique, zone pacifique (Australie et Nouvelle Zélande).

En Afrique du Sud, la situation est sérieuse et plusieurs élevages ont été éliminés pour des raisons économiques car plus aucun traitement n’est actif sur Haemonchus contortus, nématode dominant et hautement pathogène dans ce pays. En Amérique du sud, les services officiels considèrent la chimio-résistance comme une bombe à retardement pour la filière ovine. Les pays tempérés d’Europe sont de plus en plus touchés par le phénomène.

Le Maroc est également touché, des études menées depuis 2000 au Moyen Atlas et en Chaouia ont montré que la résistance aux benzimidazoles, et à moindre titre aux avermectines, n’est pas à négliger. L’utilisation de ces antiparasitaires devrait donc être raisonnée et la vigilance pour ce phénomène s’impose.

Espèces hôtes, parasites et molécules concernées

A l’échelle cosmopolite, les ovins suivis de caprins, sont de loin les plus touchés. Les résistances chez les bovins sont plus récentes et assez rares.

Les nématodes les plus incriminés dans ce phénomène sont Haemonchus contortus, Teladorsagia circumcincta et Trichostrongylus spp mais d’autres genres ont été trouvés résistants comme Cooperia, nematodirius et Oesophago-stomum à divers anthelminthiques.

Parmi les anthelminthiques, la résistance aux benzimidazoles (BZS) est la plus répandue de part le monde pour deux principales raisons: l’une est historique car les benzimidazoles furent les premiers antiparasitaires à large spectre d’activité utilisés dans la lutte contre le parasitisme interne et l’autre est d’ordre économique faisant des BZS des produits bon marché par rapport aux avermectines, ce qui expliquerait leur utilisation parfois exclusive et abusive.

Au Maroc, les nématodes des ovins identifiés comme étant résistants aux benzimidazoles sont Teladorsagia circumcincta au Moyen Atlas et Haemonchus contortus et Teladorsagia circumcincta en Chaouia (Confirmation par des tests biologiques in vivo et in vitro et par typage génétique).

Une enquête a montré que 60% des vétérinaires praticiens suspectent la chimio-résistance, principalement aux BZS alors que 100% des éleveurs ignorent le phénomène et attribuent la chute d’efficacité des traitements à une diminution de la qualité des produits. Une sensibilisation des usagers des anthelminthiques s’impose.