La résistance aux anthelminthiques chez les ruminants: Situation actuelle et mesures de contrôle

Traitements curatifs ou stratégiques

Les recommandations classiques de lutte contre les maladies parasitaires sont basées sur deux approches thérapeutiques: Curative et préventive.

Les traitements curatifs n’exercent pas ou très peu de pression de sélection du fait que la fréquence des vermifugations est réduite et la dispersion des vers résistants est importante. En revanche, les vermifugations préventives, bien que permettant à court terme de prévenir les conséquences économiques et la réduction de la population parasitaire, pourraient favoriser à long terme la sélection de souches résistantes.

A titre d’exemple, les traitements stratégiques d’été–niveaux d’infestations généralement faibles- dans les zones à chiomioréistance sont à déconseiller car ceux-ci suppriment les individus sensibles et font des animaux une source profuse de contamination par les souches résistantes à la reprise des pâtures en automne.

Les recommandations habituelles de lutte contre le parasitisme interne au Maroc qui consistent à vermifuger tous les animaux adultes et jeunes, malades et porteurs sains, pose la question d’être reconsidérées face au phénomène de la chimiorésistance déjà installé car ces pratiques pourraient favoriser la sélection et le maintien des nématodes chimiorésistants chez les petits ruminants.

En effet, l‘apparition des résistances est une conséquence évolutive naturelle – et donc “inévitable” de l’utilisation des anthelminthiques, et que l’intensité de la pression de sélection dépendrait de leur fréquence d’utilisation. Réduire au minimum la fréquence d’usage des anthelminthique est une alternative pour un contrôle durable des produits antiparasitaires existant.