Alternatives au Bromure de Méthyle dans la désinfection du sol en culture de tomate sous serre

Faisabilité économique des alternatives retenues

L’étude de rentabilité des alternatives retenues a été faite pour la tomate dans les deux zones d’étude (Souss Massa et Azemmour). La démarche suivie a été de calculer toutes les charges par hectare et de déterminer le coût du kilogramme de tomate sous serre en faisant intervenir le rendement par traitement. Ce qui a différencié les prix de revient par traitement sont essentiellement les frais de désinfection des sols et le rendement. Toutes les autres charges étant les mêmes.

On distingue les charges variables et fixes. Parmi les charges variables, opérationnelles et directes, il y a l’approvisionnement, les frais de fonctionnement et la main d’œuvre occasionnelle. L’approvisionnement concerne les charges d’inputs comme les plants, la fumure de fond et d’entretien, les produits de désinfection des sols, les produits phytosanitaires, les brise-vents, le matériel de tuteurage et de palissage et le plastique noir du paillage. Les frais de fonctionnement correspondent à la consommation en carburant et lubrifiant durant les opérations culturales et incluent la consommation d’électricité. Les frais de main d’œuvre occasionnelle ou temporaire correspondent au travail des ouvriers participant à des opérations culturales pendant des durées déterminées qui n’excèdent pas une campagne.

Les charges fixes, communes et de structures se répartissent en charges fixes d’équipements directs et en charges fixes de structures communes indirectes. Les premières ont trait à l’équipement des parcelles où la culture a lieu, comme les serres par exemple, c’est à dire qui dure plus d’une campagne. Les secondes concernent l’ensemble de l’exploitation et doivent donc être réparties entre les différentes cultures selon des clefs de répartition appropriées comme la superficie cultivée ou le temps d’utilisation d’un matériel par exemple.

On y considère les amortissements et les frais d’entretien des tracteurs, du matériel de labour, du matériel phytosanitaire, du matériel de semis, du matériel de fertigation, des véhicules, du matériel de transport, du matériel de récolte, du petit matériel et de l’atelier le cas échéant. On y inclue les frais généraux se rapportant aux frais d’administration, aux déplacements, aux impôts et assurances, et honoraires d’expertise. On y rajoutera l’amortissement immobilier, la main d’œuvre permanente, les frais financiers et la location des terres. Toutes ces charges sont des charges réelles par opposition aux charges calculées dont il faudra faire l’évaluation et qui comprendront essentiellement la rémunération de la main d’œuvre familiale et la valeur locative des terres en propriété.

L’observation des prix de vente confrontée à l’évaluation des charges opérationnelles conduira à des estimations de marges brutes et variables, indicatrices de rentabilité des différentes alternatives retenues pour cette culture.

Les charges par hectare sont élevées pour Daniela greffée sur Beaufort comparées à celles calculées pour Gabriela (Tableau 7, voir fichier PDF). Cependant, on assiste à une légère différence dans les prix de revient pour le marché local. Le prix de revient calculé sur les témoins montre la tolérance de Daniela greffée sur Beaufort et la grande sensibilité de Gabriela aux nématodes à galles. On assiste à une situation inverse pour les prix de revient pour les exportations du fait des pertes de rendement exportable occasionnée par ces parasites.

Gabriela s’est révélée très sensible aux nématodes malgré sa résistance déclarée aux Meloidogyne. Cette situation illustre d’une part l’importance économique et les dégâts que peuvent causer les Meloidogyne sur tomate et d’autre part la faisabilité économique des alternatives retenues même dans les situations les plus extrêmes comme celles choisies pour ces essais.

Les marge nettes ont été largement réduite durant la campagne agricole 1999-2000 (Tableau 8, voir fichier PDF) d’une part à cause des problèmes liés aux exportations et d’autre part à cause des pertes de rendements quantitatifs et qualitatifs occasionnés par la maladie virale causée par le TYLK.