Matériel d’irrigation: Choix, utilisation et entretien

L’irrigation par aspersion

L’irrigation par aspersion est recommandée dans les cas suivants:

– sols de faible profondeur, ne pouvant être correctement nivelés pour une irrigation de surface, tout en conservant une profondeur suffisante;

– sols trop perméables, qui ne permettent pas une répartition uniforme de l’eau dans le cadre d’une irrigation avec ruissellement en surface;

– terrains à pente irrégulière avec micro-relief accidenté, ne permettant pas l’établissement d’une desserte gravitaire à surface libre.

Par contre, elle est à écarter dans les régions très régulièrement ventées (les vents supérieurs à 4 ou 5 m/s dégradent considérablement l’homogénéité de l’arrosage) et aussi lorsque l’irrigation se fait avec l’eau salée sur des plantes au feuillage sensible au sel.

Une installation d’irrigation sous pression est généralement composée d’un équipement fournissant la pression nécessaire à son fonctionnement, d’appareils de mesure et de contrôle de débit, et d’une conduite principale amenant l’eau jusqu’aux conduites secondaires et tertiaires. D’autres éléments peuvent être utilisés, notamment un filtre ou une batterie de filtres et un dispositif d’adjonction d’éléments fertilisants.

La considération des facteurs suivants est nécessaire à la conduite d’un projet de dimensionnement de tout système d’irrigation sous pression: a) la dimension et la forme de la surface à irriguer, sa topographie et le type du sol; b) les sources d’eau disponibles ou potentielles et leurs caractéristiques et c) Les conditions climatiques dans la région, l’accessibilité à la parcelle et la culture à irriguer.

Aspersion traditionnelle

Les arroseurs utilisés en agriculture sont à rotation lente. Cette rotation est obtenue par le va-et-vient d’un bras de levier qui porte un seul aubage et qui oscille sous l’effet de l’impact d’un jet qui s’échappe d’une buse. Les petits arroseurs ont des buses de 4 à 7 mm de diamètre. La portée de leur jet est relativement faible, leur pression de service se situe entre 2,5 et 3,5 bars et les gouttelettes d’eau obtenues sont de petite taille. Les arroseurs moyens ont des buses de 8 à 14 mm de diamètre et nécessitent une pression de service d’au moins 4 bars. Les grands arroseurs ont des buses de 15 à 25 mm de diamètre et fonctionnent à des pressions d’au moins 4,5 bars. Ils ont une pluviométrie horaire élevée et conduisent à la formation de grosses gouttelettes. La taille des gouttelettes ne doit occasionner aucun dommage ni au sol, ni à la culture. Une augmentation de la pression s’accompagne normalement d’une réduction de la taille des gouttelettes. L’angle idéal d’inclinaison par rapport au plan horizontal est de 32° en conditions calmes. Les perturbations causées par le vent sont influencées par le montant sur lequel repose l’arroseur ainsi que l’angle de projection du jet d’eau. La plupart des arroseurs moyens à usage agricole ont des angles compris entre 25 et 26°, alors que ceux des grands arroseurs se situent entre 23 et 24°.

Dans l’irrigation par aspersion, on rencontre les installations suivantes:

Les installations mobiles portatives comprennent des canalisations principales ainsi que des rampes pouvant être déplacées à la main. De ce fait, les conduites formant l’ensemble du système doivent être légères, facilement raccordables et détachables les unes des autres. Elles sont habituellement en aluminium léger ou en alliage d’aluminium et sont présentées en segments, munies de raccords rapides et mesurant en général 6 m de longueur. Ces installations sont conseillées pour les régions à capital d’investissement faible mais disposant d’une main d’œuvre abondante.

Les installations semi-mobiles portatives ont des canalisations principales qui sont fixes et enterrées à intervalles réguliers. En général, la station de pompage est permanente, elle est située de manière à réduire le trajet de l’eau. Les canalisations fixes sont généralement en acier ou en amiante-ciment et sont protégées contre la corrosion. D’autres variantes existent, en combinant les tuyaux flexibles.

– Les installations permanentes (ou couverture totale), où les conduites principales et les rampes sont enterrées, se rencontrent principalement dans les exploitations de vergers.

– Les installations temporaires sont des systèmes mobiles ou semi-mobiles ayant la particularité d’avoir assez de canalisations pour pouvoir être montés au moment de la plantation et laissés en place jusqu’à la dernière irrigation avant la récolte.

Aspersion mécanisée

Les systèmes de rampe pivotante et de rampe frontale sont des installations utilisées essentiellement dans les grandes exploitations. Elles possèdent un mécanisme d’entraînement programmable qui sert à déplacer les éléments. Le système de rampe pivotante est constitué d’une conduite avec arroseurs, supportée à l’une de ses extrémités par une tour à pivot central, une série de tours munies de roues et un moteur électrique (ou hydraulique). La conduite peut mesurer de 100 à 500 m, pouvant irriguer jusqu’à 75 ha. L’ensemble permet d’irriguer une surface circulaire, mais nécessite un capital d’investissement élevé. Les débits sont de l’ordre de 250 à 850 m3/h pour une pression de 6 bars.

Le système de rampe frontale diffère de la rampe pivotante par le fait que toutes les tours sont mobiles et le déplacement se fait latéralement. L’alimentation en eau se fait soit par un fossé creusé au milieu ou au bord du champ, soit par un tuyau flexible. Il nécessite un investissement aussi important sinon supérieur à celui du système à rampe pivotante. La consommation énergétique de ces deux systèmes est élevée.

D’autres types de rampes peuvent très bien convenir à l’irrigation de cultures ayant une hauteur relativement faible, tels que les céréales; ce sont les rampes ou les ailes tournantes.

Les autres types d’installations sont: l’aile traînée ou remorquée, bras tournant ou arroseur géant, et le canon automoteur (machine automotrice d’irrigation à tuyau flexible: enrouleurs).