Potentialités des cultures oléagineuses hivernales en bour et dans les périmètres irrigués

Les graines oléagineuses représentent des spéculations qui jouent des rôles multiples. Elles permettent à la fois de produire des huiles, l’une des denrées alimentaires de base dans la consommation humaine, de fournir des tourteaux qui sont des sous-produits riches en protéines nécessaires pour l’alimentation du bétail, notamment pour la volaille industrielle, et de présenter des éléments moteurs de l’implantation d’une infrastructure industrielle de transformation (trituration et raffinage).

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Le Maroc connaît un déficit très important (80 %) en huiles végétales. Les besoins annuels du pays en huiles alimentaires sont de l’ordre de 350.000 Tonnes et seuls 20 % sont couverts par la production nationale, dont 10 % par l’huile d’olive et le reste par les graines oléagineuses, essentiellement le tournesol. Les importations de produits bruts oléagineux engendrent une dépense annuelle en devises d’environ 200 millions de Dollars, dont 70% pour les huiles végétales brutes et 30 % en graines oléagineuses.

Pour remédier aux déficits en matières grasses et en protéines, différents pays à travers le monde ont favorisé le développement des cultures oléagineuses annuelles. Au Maroc, la superficie jamais occupée par le tournesol n’a guère dépassé 200.000 ha (en 1992) alors que le potentiel en cultures oléagineuses annuelles a été évalué à plus de 800.000 ha. Actuellement, les emblavements du tournesol sont de moins de 100.000 ha.

Le présent bulletin a comme objectif de dresser un constat de la situation actuelle du secteur des oléagineux au Maroc et d’évaluer les potentialités d’extension et de production des cultures oléagineuses en bour et dans des périmètres irrigués.

Situation du secteur des oléagineux annuels

Espèces et superficies

Les principales espèces oléagineuses annuelles cultivées au Maroc sont le tournesol, le colza, l’arachide, le soja et le carthame. Durant les trois dernières campagnes (1995-98), les emblavements en ces espèces sont de l’ordre de 100.000 ha pour le tournesol, 25.000 ha pour l’arachide, 1.000 ha pour le soja et 700 ha pour le colza. La contribution du coton, dont la graine contient 18% d’huile, est actuellement à un niveau négligeable.

Le tournesol constitue donc la principale culture oléagineuse. L’importance relative de l’arachide est diminuée par le fait que la production de cette espèce est plutôt destinée à la consommation de bouche qu’à la production d’huile. Le colza, introduit en 1982, est limité à certaines grandes exploitations publiques ou privées avec une superficie maximale de moins de 3.000 ha (1990). Le soja, introduit en 1981, est exclusivement cultivé en irrigué et sa superficie n’a jamais dépassé 12.000 ha, et stagne actuellement à moins de 1.000 ha. Le carthame, qui s’est toujours limité à moins de 1.000 ha, est complètement abandonné par les agriculteurs à cause des problèmes d’écoulement de la production.

Jusqu’au début des années 80, la superficie du tournesol était de l’ordre de 16.000 ha avec des fluctuations importantes du fait que la culture est considérée par les agriculteurs comme une spéculation de substitution aux cultures d’hiver, en cas d’inondations ou de sécheresse automnale. Ensuite, les emblavements du tournesol se sont accrus d’une façon spectaculaire, surtout dans les régions du Gharb et du Saïs, pour atteindre le seuil de 200.000 ha en 1991-92. Au delà, nous avons assisté à un déclin important de cette culture avec 60.000 ha en 1995 (Figure 1, voir fichier PDF). Une certaine reprise de la culture est observée à partir de 1995 dont une partie peut être attribuée à l’augmentation des superficies irriguées au niveaux des périmètres du Gharb, de la Moulouya, des Doukkala et du Tadla.

Contrairement au colza et au carthame, le tournesol est une culture de printemps. De ce fait, et en l’absence de l’irrigation, sa culture est essentiellement cantonnée aux zones “Bour favorable”. Les principales zones de production du tournesol sont le Saïs avec 32 % du total des emblavements, le Gharb et le Loukkos avec 56 % et les autres régions avec 12 %.