Potentialités des cultures oléagineuses hivernales en bour et dans les périmètres irrigués

Conclusion

Le secteur marocain des cultures oléagineuses arrive à peine à couvrir 20 % de la consommation locale en huiles alimentaires, dont la moitié est couverte par les graines oléagineuses annuelles et l’autre par l’huile d’olive. Le recours à l’importation des graines oléagineuses et des huiles végétales brutes coûte à l’état environ 200 millions de dollars par an.

Après une période de développement rapide des cultures oléagineuses annuelles, particulièrement le tournesol, durant le décennie 1980, ce secteur s’est ultérieurement effondré du fait d’une combinaison de facteurs techniques, économiques et organisationnels.

Le potentiel du Maroc en cultures oléagineuses annuelles est très important et s’élève à plus de 800.000 ha. Sur les dix dernières années, les réalisations moyennes, en termes de superficie, ont à peine atteint 12 % de ce potentiel.

Pour redresser à court terme le niveau de production du secteur, les périmètres irrigués sont les plus aptes à accomplir cette mission. En effet, les ORMVA des Doukkala, Gharb, Loukkos et Tadla présentent pour la seule culture du tournesol un potentiel de superficies de 30.000 hectares en irrigué et 70.000 hectares en Bour, avec des rendements potentiels de l’ordre de 15 qx/ha en Bour et 35 qx/ha en irrigué, permettant une production potentielle de 200.000 tonnes et couvrant 31 % du déficit actuel.

En Bour comme en irrigué, le développement de cultures oléagineuses d’hiver, soit par l’avancement du semis du tournesol et/ou l’encouragement de la culture du colza et du carthame, contribuera davantage à augmenter les disponibilités locales en graines oléagineuses. Par ailleurs, la culture du tournesol d’hiver (semis de novembre) devrait trouver sa place en bour dans toute la zone atlantique entre le Loukkos et Abda. Pour encourager les semis d’hiver, qui ont une teneur en huile et un rendement importants, le système de payement doit tenir compte de la qualité, à l’instar des cultures sucrières. Une expérimentation conduite en irrigué sur le tournesol et le colza, dans la ferme d’application de l’IAV Hassan II dans la région du Gharb, a montré que les rendements du tournesol sont importants en semis d’hiver et en semis de printemps avec une nette supériorité des cultivars tardifs semés précocement, et inversement pour les cultivars précoces. La culture du colza présente un potentiel plus important en semis d’hiver.

Prof. Ahmed Bamouh(1),

Dr. Mohammed Elasri(2) et Prof. Ahmed Bouaziz(1)
(1)Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II
(2)Institut National de la Recherche Agronomique, Meknès

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