Potentialités des cultures oléagineuses hivernales en bour et dans les périmètres irrigués

Rendements et production

Avant 1980, les rendements du tournesol ont évolué de manière irrégulière, autour d’une moyenne d’environ 5 qx/ha, en fonction des conditions climatiques et des attaques de moineaux (Figure 2, voir fichier PDF). De 1980 à 1990, les rendements moyens ont progressivement augmenté pour atteindre 10 qx/ha, suite aux grands efforts déployés pour le développement de cette culture. Une nette régression est observée au delà, concomitante à la chute des superficies.

Les rendements réalisés par les autres cultures oléagineuses sont de moins de 15 qx/ha pour le colza, de 10 à 16 qx/ha pour le soja et l’arachide, et de moins de 6 qx/ha pour le carthame.

La production collectée de tournesol a étroitement suivi l’évolution des superficies. Elle a été de l’ordre de 12.000 Tonnes entre 1970 à 1980 avec un taux d’accroissement annuel de 5,3 %. Ce dernier a pu atteindre 23,2 % au cours de la période 1988-92 du fait de l’augmentation des superficies et des rendements. La production moyenne durant cette période est de 72.000 tonnes, avec un maximum d’environ 160.000 tonnes en 1990. Depuis la campagne 1993-94, la production du tournesol oscille entre 6.000 et 11.000 Tonnes/an, un niveau largement négligeable par rapport aux besoins de la consommation locale.

Commercialisation des graines

Avant la libéralisation du secteur, devenue effective depuis 1996, la filière des oléagineux est fortement réglementée, notamment par la fixation de prix et de marges à tous les niveaux de la filière (Tableau 1, voir fichier PDF). Les producteurs livrent leur production à la COMAPRA à un prix fixé par l’Etat. La COMAPRA mettait en place un réseau de points d’achat de la production dans les grandes zones de production et payait les agriculteurs en liquide à la livraison de leur production. Ces mêmes points servaient aussi pour la vente de semences au cours des mois de Janvier et Février.

Les prix des graines oléagineuses sont fixés chaque année par les pouvoirs publics. Ils ont connu des augmentations substantielles durant la décennie 80 (Figure 3, voir fichier PDF), ce qui a notamment encouragé les agriculteurs à davantage pratiquer les cultures oléagineuses annuelles.

Après la libéralisation des prix des graines, les agriculteurs ont trouvé des difficultés quant à l’écoulement de la production. Le prix des graines est négocié entre l’association des producteurs, la COMAPRA et le triturateur. Pour la première campagne de ce nouveau système, le prix du tournesol est tombé de 440 dh/ql à 370 dh/qt. Ne connaissant pas d’avance le prix de vente de leur produit, les agriculteurs réagissent par l’abandon ou l’extensification des cultures oléagineuses.

A partir du 1er novembre 2000, le secteur des huiles végétales et des graines oléagineuses s’est davantage libéralisé. Le prix de vente des huiles de graine est devenu libre avec toutefois un « accord de modération des prix » d’une durée de 2 ans entre l’Etat et les principaux opérateurs. L’Etat a supprimé la protection par les équivalents tarifaires à la frontière et a instauré un droit d’importation fixé à 2,5%. Pour les producteurs de graines oléagineuses, l’Etat leur garantit la collecte de la production à travers la COMAPRA à un prix avoisinant 400 dh/ql, et leur accorde des aides directes. Pour les industriels qui s’approvisionnent en graines oléagineuses sur le marché local, l’Etat s’engage à leur verser la différence avec le prix pratiqué à l’extérieur.

Après cette réforme de la filière oléagineuse, et suite au faible cours mondial des graines oléagineuses et des huiles végétales, le prix du litre de l’huile de table n’a pas augmenté et a sensiblement diminué notamment pour le produit dit économique, basé sur l’huile de soja. L’offre sur le marché s’est aussi diversifiée avec la réforme.

Consommation et importation

La consommation des huiles de graine a rapidement et régulièrement augmenté durant les 20 dernières années avec un taux de croissance annuel d’environ 4,3 % (1974-97). Cette consommation est passée de 5,3 kg/an/hab en 1970-71 à 15,0 kg/an/hab en 1990-91, avec une plus forte consommation en milieu urbain. Entre 1970-71 et 1984-85, la consommation de l’huile d’olive par habitant a chuté de 4,98 kg/an à 2,84 kg/an. Le prix de l’huile d’olive a suivi l’évolution normale des prix du marché alors que le prix de l’huile de graine a relativement stagné (Figure 4, voir fichier PDF), ce qui traduit une réelle chute du prix de cette dernière.

La préférence de consommation de l’huile de graine par rapport à l’huile d’olive est notamment due au fait que les premières étaient subventionnées à la consommation. Le prix de vente au consommateur était d’environ 8,4 dh/litre alors que le prix de revient était de l’ordre de 12 à 13 dh/litre.

La forte demande en huiles de graine, engendrée par la croissance démographique et l’augmentation de la consommation par habitant, est essentiellement comblée par des importations d’huiles brutes et de graines oléagineuses. En 1997, la consommation globale du pays en huiles de graine est d’environ 380 millions de litres dont 28 millions d’origine locale, soit un déficit de 93 % ou un taux d’autosuffisance de 7%.

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