L’utilisation du centre pivot pour l’irrigation – Expérience des Domaines Agricoles au Maroc

Réactions des sols

Dans les années 85, les types de spray utilisés sur le pivot n’étaient pas réellement adaptés aux terres fragiles comme les limons de dépôt récent de Souihla et les limons de Saouda. A l’état sec, le sol réagit à la première irrigation par la dégradation de la structure et la formation par plages, de croûte de battance, souvent gênante pour la levée des céréales. Pour en atténuer les effets, faute de mieux, il a fallu soit opérer des transformations artisanales sur l’asperseur pour en élargir le rayon d’impact, soit irriguer sans s’arrêter et pivot à vitesse max, pour empêcher la croûte de se former.

Dans les zones arides, le plus grand risque lié à l’irrigation, est incontestablement celui de la salinisation des sols à long terme. Le tableau 5, présente un extrait des constats réalisés dans le cadre de la présente étude en utilisant la conductivité électrique (EC) et le sodium échangeable (Na éch.), comme critères d’appréciation pratique de la salinisation.

Eu égard aux normes pratiques utilisées au Maroc pour l’interprétation de la salinité, un sol n’est jugé salé qu’à partir d’une valeur de 0,50 mmhos/cm (extrait 1/5). Sur les sols calcaires et poreux de Louata, on ne note aucun effet de salinisation sur le pivot 9 monté en 1992. Pour les pivots 1 et 2, installés depuis dix huit ans, les sols ont réagi à l’irrigation par un certain enrichissement modéré en sodium.

C’est dans les sols Dehs de texture lourde de O. Cheddad, qu’un certain effet net de l’irrigation sur la salinité du sol apparaît (EC respectifs de 0,34 et 0,50 contre 0,25 en parcelle non irriguée et Na respectifs de 504 et 629 contre 180 et 285 ppm dans les sols témoins).

La forte salinité n’est pas forcément la conséquence de l’irrigation par le pivot, elle peut être déjà présente dans le sol au moment de l’installation du système (cas de Souihla dans le Haouz ou de Dakhla au sud), ou la conséquence d’une remontée par capillarité ou par suite des inondations, d’une nappe sous jacente très saumâtre (EC = 18 mmhos/cm) comme dans le cas des Rivières dans le Gharb.