Intensification de la céréaliculture en irrigué dans les Doukkala

Les essais itinéraires techniques

Au niveau de cette partie de l’étude, l’objectif était de construire des “itinéraires techniques” qui s’ajustent aux objectifs des agriculteurs. Pour ce faire, deux objectifs de rendement ont été considérés: 40 et 80 qx/ha, correspondant respectivement à une conduite extensive et intensive. Une décomposition de ces rendements objectifs en différentes composantes a été réalisée afin d’avoir des objectifs intermédiaires à satisfaire par étape (Tableau 1, voir fichier PDF):

Sur ces deux grandes stratégies, qui correspondent au départ à des densités de semis (semis clair et semis dense) avec une conduite “optimale” en terme de fertilisation azotée, désherbage chimique, traitement fongicide et anti-verse (ou régulateur de croissance), des itinéraires techniques qui diffèrent de l’optimum par un seul facteur ont été testés (Tableau 2, voir fichier PDF).

Pour la fertilisation azotée, ne sont concernés que les itinéraires techniques I, VI, VII et VIII. Pour le désherbage chimique, on comparera les itinéraires I, IV et V. Pour le fongicide, les itinéraires techniques I et III, et pour le traitement anti-verse, les itinéraires I et II. Les essais ont été menés sur trois sites “Faïd”, “Hamri” et “Tirs” en 1993-94.

Réalisation des objectifs de rendement

En général, le rendement visé a été atteint, voire même dépassé, au niveau de la faible densité de semis et ce au niveau des trois sites.

Le rendement-grain a oscillé entre 32 et 60 qx/ha pour le semis clair et entre 40 et 78 qx/ha pour le semis dense. Les rendements les plus élevés ont été atteints par le biais de l’itinéraire VI, et les plus faibles étaient relevés au niveau des itinéraires V, VII et VIII (Tableau 3, voir fichier PDF).

L’effet de la densité de semis était clair sur les trois sites. En moyenne, la densité forte (400 gr./m2) a dépassé la plus faible (200 gr./m2) d’environ 18,7%. En revanche, la variabilité inter-sites était faible, les rendements moyens réalisés étaient statistiquement similaires (48,5, 52,8 et 51,0 qx/ha respectivement pour le “Faïd”, “Hamri” et “Tirs”).

Par ailleurs, la dose d’azote a constitué un facteur discriminatoire significatif (sur le “Faïd”) à hautement significatif (sur le “Hamri” et le “Tirs”). Le rendement grain augmentait parallèlement à l’augmentation de la quantité d’azote apportée (Tableau 3, voir fichier PDF). A ce propos, la dose d’azote la plus forte (dose optimale+40U) s’est distinguée de la dose la plus faible (dose optimale-40U) et du témoin non fertilisé sur les trois sites. La dose optimale est restée intermédiaire entre les doses qui l’encadrent (dose optimale+40U) et (dose optimale-40U) sans pour autant s’en différencier de manière significative.

D’un autre coté, le désherbage chimique n’a engendré aucune amélioration significative du rendement grain au niveau des sites “Faïd” et “Hamri”. Par contre, sur “Tirs”, site ayant connu la plus forte infestation par les mauvaises herbes, les pertes de rendement occasionnées par la présence des adventices étaient statistiquement significatives (Tableau 3, voir fichier PDF).

Néanmoins, la différence de 6 qx/ha observée entre le désherbage précoce et tardif n’a pu être prouvée sur le plan statistique. Au niveau du témoin non désherbé (Tirs), les pertes en grain se chiffraient à environ 26% par rapport au traitement désherbé précocement. Ceci montre que la décision de désherber ou non doit être raisonnée en fonction de chaque situation. La détermination, sur la base de la densité et/ou de la biomasse des mauvaises herbes, d’un seuil tolérable des infestations pour lequel la chute du rendement est inférieure aux coûts du traitement herbicide est requise pour une meilleure rentabilité du désherbage.