Le cerisier: Une culture de zones d’altitude

Exigences du cerisier

Le cerisier doux est exigent en froid hivernal pour lever sa dormance. Il est considéré comme l’arbre de haute altitude où les quantités de froid sont suffisantes (>1500 heures à t°<7,2°C) pour satisfaire les besoins de la plupart des variétés commerciales. Avec son feuillage caduque, cette espèce supporte la rigueur du froid en période de repos végétatif mais reste cependant sensible aux gelées printanières à l’époque de floraison. L’arbre est exigent en lumière et préfère des sols profonds, légers et perméables.

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Situation de la culture

Au Maroc, la culture de cerisier couvre une superficie d’environ 1.037 ha et réalise une production estimée annuellement à 2.571 tonnes. Elle est essentiellement localisé dans les régions d’Ifrane, d’Aïn Leuh (38%), de Chefchaouen (12%), d’Asni (6,5%), de Khénifra (5,6%), de Khémisset (3%), et de Boulmane (1,5%). La fête des cerises, qui se tient annuellement à Sefrou, témoigne de l’importance accordée à cette espèce. Les superficies subissent malheureusement une certaine fluctuation liée à l’arrachage de vieux vergers, particulièrement dans les zones où le manque d’eau d’irrigation se fait ressentir (Sefrou). La concentration de cette culture dans ces zones est principalement liée aux conditions climatiques favorables ainsi qu’à sa pratique ancienne dans ces régions. Les vergers de petite taille dominent et le cerisier est souvent cultivé en jardin familial. Cette situation s’explique aussi par le coût élevé de la récolte (80 % des charges) et le caractère périssable du fruit, pour un écoulement rapide de la production.

Matériel végétal en culture

La gamme variétale en culture est relativement restreinte et se limite essentiellement aux groupes des bigarreaux (Burlat, Moreau, Van, Hedelfingen, Napoleon,…). Certaines variétés anciennes comme Cœur de Pigeon, Bingue, Cerisette, introduites à l’époque du protectorat, existent encore dans les veilles plantations. Cependant, la dominance revient aux variétés B. Burlat et B. Van dénommées respectivement ”Bigaro” et ”Hajjari”, en référence à leur calibre et à la fermeté du fruit.

La variété Napoléon, dont les fruits sont de couleur jaunâtre, est adoptée en tant que pollinisateur pour surmonter les problèmes d’incompatibilité. Cette limitation est due à la non disponibilité de nouvelles variétés ayant confirmé leur adaptation. Les pépiniéristes continuent à multiplier et à diffuser le même matériel végétal sans se soucier de son authenticité et de sa qualité sanitaire.

La gamme des porte-greffes est également limitée à deux types: Sainte Lucie 64 et Merisier. Ils présentent l’avantage de conférer une certaine affinité et d’induire une mise à fruit rapide. Le premier type supporte les sols calcaires (25% de CaCO3) et le second s’accommode aux terrains profonds et bien drainés. La disponibilité du matériel végétal (rejets) et la facilité relative de sa multiplication, par bouturage ligneux, font que ces deux porte-greffes sont les plus largement utilisés.