Intensification de la céréaliculture en irrigué dans les Doukkala

Le raisonnement de la fertilisation azotée

L’analyse des corrélations entre certains traits agronomiques et les indices de disponibilité de l’azote a montré que l’azote nitrique initial serait un bon indice pour l’estimation du rendement grain du témoin et de l’azote prélevé par ce témoin. En revanche, l’appréciation de la minéralisation au niveau de la rhizosphère serait mieux faite par le biais de l’indice de permanganate acide.

Néanmoins, pour qu’un indice de disponibilité de l’azote soit opérationnel, sa détermination doit être simple, rapide, reproductible et insensible aux traitements de l’échantillon du sol avant l’analyse. Ceci disqualifierait les méthodes biologiques (dont l’indice d’incubation anaérobie) qui nécessitent une durée minimale d’une semaine avant tout pronostic.

L’azote nitrique initial, quant à lui, pose des problèmes au niveau du moment d’échantillonnage et du nombre de répétitions à même de donner une appréciation relativement fiable de cet indice. La teneur en matière organique ainsi que l’indice de permanganate acide offrent des possibilités intéressantes puisqu’ils répondent parfaitement à la définition d’un bon indice de disponibilité.

Par ailleurs, le choix du trait agronomique à utiliser pour l’appréciation des fournitures du sol reste très délicat. L’azote minéralisé au niveau de la rhizosphère, calculé par la méthode du bilan, reste potentiel tant que la dynamique de minéralisation ne correspond pas de manière parfaite au rythme d’absorption de l’azote par la culture.

L’azote prélevé par le témoin serait plus aléatoire que le rendement grain, à en juger par les coefficients de corrélations obtenus aussi bien avec l’indice d’incubation anaérobie qu’avec l’azote nitrique initial. Aussi, le rendement grain du témoin nous semble être un meilleur indicateur de la richesse du sol en azote. Ce rendement peut être estimé à partir de l’azote nitrique initial si les limitations relatives à cet indice sont levées. Sinon, la teneur en matière organique, dont la détermination est plus rapide que l’indice de disponibilité de l’azote, pourrait être un bon estimateur de ce rendement.

Ainsi, le calcul de la dose d’azote à apporter (KgN/ha) pour l’obtention d’un rendement objectif peut être fait moyennant la relation suivante:

Dose à apporter=(Rdt visé – rdt témoin) x (EUN/CUA)

Avec:

  • Rdt visé: rendement-grain objectif (qx/ha).
  • Rdt témoin: rendement-grain du témoin estimé à partir de l’un des indices de disponibilité de l’azote (qx/ha).
  • EUN: efficience d’utilisation de l’azote. La valeur moyenne correspondant à deux années d’essais et aux meilleurs traitements est de 3,5 KgN/quintal de grain produit.
  • CUA: coefficient d’utilisation de l’engrais azoté. Sur les deux années d’essais, la moyenne trouvée sur les meilleurs traitements est de 65 %.

Compte tenu de ce qui précède, une estimation de la dose à apporter pourrait se faire par la relation simple suivante:

 Dose = 5,4 x (Rdt visé – Rdt témoin)

Le rendement du témoin est fonction de la matière organique comme suit:

Rdt témoin = -2,3 + 27,1 x Mo(%)