La sécurité de l’opérateur dans l’application des pesticides

Les équipements de protection de l’opérateur

L’équipement de protection est très varié et peut être utilisé selon la nature des produits employés et selon l’opération réalisée. Dans les climats chauds, les opérateurs évitent de porter les vêtements de protection recommandés dans le cas d’utilisation des produits extrêmement ou hautement toxiques. Ces vêtements imperméables aux produits liquides, et avec les efforts manuels, sont à l’origine des transpirations qui les rendent inconfortables à porter. Dans certains pays, des agriculteurs n’ont pas les moyens d’acheter des vêtements spéciaux de protection.

Habillement

Un habillement, avec pièce unique ou deux pièces légères, robustes, serrés et en coton, doit être utilisé. Les habillements ne doivent pas contenir des pochettes et toute tirette doit être couverte de manière à éviter toute pénétration de pesticides. Les extrémités des pantalons et des manches doivent être élastiques pour réduire les risques de contamination interne. Tout habillement doit être lavé régulièrement avec un détergent ou du savon et être rincé plusieurs fois pour s’assurer qu’il ne reste aucune trace de résidus dans les tissus. Les vêtements contaminés doivent toujours être nettoyés séparément des autres vêtements. Actuellement, on peut se procurer des vêtements en plastique, légers et jetables qui peuvent être utilisés plusieurs fois. Cependant, ils sont souvent considérés chauds à porter et particulièrement dans les conditions tropicales.

Gants

Des gants appropriés doivent être portés lors de l’utilisation des produits toxiques et au moment de l’ouverture des récipients et du transfert du pesticide dans le pulvérisateur. Les gants sont souvent en nitrile synthétique, en caoutchouc ou en plastique tel que les polyvinyles (PVC) imperméables à l’eau. Des gants en caoutchouc naturel ne sont pas recommandés étant donné qu’ils ne résistent pas aux différents solvants contenus dans les formulations liquides. Le port prolongé de ces gants cause la transpiration des mains et par conséquent la peau devient plus sensible à l’absorption des pesticides. Tout gant doit être contrôlé régulièrement pour s’assurer qu’il n’existe aucun trou à travers lequel l’opérateur risque d’être contaminé. Lors des opérations de nettoyage et de rinçage, les gants peuvent être testés en les remplissant d’air et en observant s’il y a une fuite de bulles d’air après compression dans l’eau.

Les gants doivent être choisis de manière à ce qu’ils ne soient ni fins et donc susceptibles de se déchirer ni épais et donc poser des difficultés de faire entrer les doigts et d’ouvrir les récipients. Une épaisseur de 0,4 mm est recommandée comme un minimum. Les gants doivent être suffisamment longs (un minimum de 30 cm) pour qu’ils s’enfilent dans les poignets de la chemise et éviter toute contamination des manchons pénétrant à l’intérieur des gants.

Dans le cas où l’opérateur n’utiliserait pas de gants, il faut toujours avoir une source d’eau disponible à proximité pour nettoyer toute contamination des mains.

Tablier

La personne chargée de préparer la bouillie doit porter un tablier en plastique pour réduire les risques de contamination des vêtements avec le pesticide concentré. Ce tablier doit être nettoyé et enlevé après la préparation de la bouillie et avant de monter dans la cabine du tracteur.

Visière

La personne chargée d’ouvrir le récipient peut être éclaboussé par le produit concentré et particulièrement au moment de l’ouverture du bouchon bien qu’avec les nouveaux modèles de récipients, il est facile de faire des transvasements. Le moyen le plus simple et le plus confortable pour protéger le visage, et spécialement les yeux, est de porter une visière. Cette visière est fabriquée en plastique transparent et est parfois facile à attacher à un chapeau en plastique dur. L’utilisateur peut aussi utiliser des lunettes pour la protection des yeux. Certains modèles de lunettes peuvent former une buée réduisant la visibilité.

Masques

Des masques jetables qui réduisent l’exposition de la peau du visage aux produits chimiques sont disponibles sur le marché. Ils peuvent également être utilisés comme masque de protection contre les poudres. Cependant, ils ne doivent jamais être considérés comme des respirateurs du fait que les vapeurs toxiques pénètrent dans les poumons, d’autant plus que les utilisateurs ne portent pas de masques, d’une manière hermétique, autour du nez.

Lors des applications d’aérosols, de brouillard ou d’une pulvérisation fine à l’intérieur d’un bâtiment, l’opérateur doit porter un masque de respiration. Il existe plusieurs types mais les masques les plus communément utilisés comportent une cartouche contenant une substance absorbant les vapeurs toxiques des pesticides. Il est essentiel d’utiliser les cartouches correctes en fonction de pesticides et ne pas dépasser une durée de vie limite. Le nombre d’heures d’utilisation doit être enregistré et les cartouches remplacées selon les recommandations. Leur utilisation n’est pas également confortable dans les climats chauds en raison de la transpiration et la condensation de l’humidité à l’intérieur. Il doit être correctement porté sur le visage de l’opérateur. Ceux qui portent les barbes trouvent des difficultés à obtenir une fermeture étanche.

Dans le cas des traitements en enceinte fermée, le personnel doit être spécialement formé aux techniques d’application des aérosols et des brouillards en particulier. Ils doivent noter avec précision la date d’utilisation des masques dont les cartouches doivent être détruites après leur durée de vie effective. Après utilisation, la cartouche doit être enlevée et le masque nettoyé et séché avant d’être rangé dans un endroit sombre pour des utilisations futures.

Botte en caoutchouc

L’utilisation de ces bottes est préférable à d’autres chaussures. Les jambes des pantalons doivent toujours être à l’extérieur des bottes, évitant ainsi la pénétration des pesticides et le contact avec le pied. Toute botte doit être nettoyée avant d’être enlevée pour éviter la contamination des mains par les pesticides présents à l’extérieur des bottes.

Chapeau

Les cheveux sont des collecteurs effectifs des petites particules, il est donc conseillé de garder les cheveux de l’opérateur couverts par un chapeau tout le temps. Des chapeaux à voile large jouent aussi un rôle de protection contre le soleil. Dans certaines régions, il existe de légers chapeaux avec casquette et avec à l’arrière un large voile couvrant la nuque et les côtés de la tête. Ces chapeaux peuvent être rabattus sur le menton pour protéger la gorge. Il est important également de couvrir les cheveux longs en raison du risque de les voir emportés ou aspirés par l’appareil tel que le ventilateur du pulvérisateur à jet porté.

Il est idéal que le matériel de fabrication des chapeaux soit non absorbant. Dans le cas des traitements des arbres, un chapeau imperméable est indispensable.

Système d’information sur la sécurité

L’utilisateur doit lire l’étiquette de l’emballage du pesticide à utiliser. Cette étiquette donne les informations légalement requises pour l’homologation des produits dans différents pays. Ces informations sont quelquefois données en plusieurs langues, ce qui les rend difficiles à lire et de nombreux utilisateurs sont incapables de comprendre tous les détails. Afin de surmonter tous ces problèmes, il y a une utilisation de plus en plus importante de petits diagrammes, appelés des pictogrammes accompagnés d’informations données souvent dans un prospectus séparé.

Initialement, les pictogrammes se sont inspirés de la signalisation internationale de code de la route. En utilisant la même idée, il y a une série de diagrammes indiquant les risques essentiellement la toxicité du produit. D’autres pictogrammes fournissent des conseils sur les vêtements de protection nécessaires pour les différentes activités au cours de l’application comme les manipulations des liquides concentrés. D’autres sont des signes de prudence. Les utilisateurs des pesticides ont besoins d’être formés afin qu’ils puissent comprendre les significations de chaque pictogramme. Les fabricants mettent ces pictogrammes sur l’étiquette des produits mais dans certains cas ils sont très petits et difficiles à visualiser.