Le risque sécheresse en agriculture pluviale: Cas des céréales

L’agriculture marocaine est presque entièrement dépendante de la pluviométrie dont la quantité varie selon les régions et les années agricoles. La production céréalière, réalisée essentiellement en zones pluviales, est sujette aux fortes fluctuations inter-annuelles de la pluviométrie.

Les superficies irrigables qui pourraient réduire cette dépendance vis-à-vis du climat, représentent moins de 9% des superficies cultivées et contribuent à moins de 17% de la production totale.

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La pluie est un évènement aléatoire dont on ne peut prévoir à moyen terme ni les volumes ni les épisodes. Le temps qui s’écoule, entre deux épisodes pluvieux, peut varier de quelques jours à quelques mois. Le temps écoulé durant lequel il n’y a pas eu suffisamment de pluie pour subvenir aux besoins en eau de la culture est appelée période de sécheresse.

Pour palier à ce problème d’imprévisibilité de la pluviométrie, les recherches ont opté pour l’approche qui consiste à fixer une période et calculer la quantité reçue durant cette période. La période en question peut être une semaine, une décade, deux décades, un mois, une phase du cycle, ou tout le cycle. Dans les études hydrauliques ou climatiques, la période considérée peut correspondre à plusieurs années.

Si les besoins en eau des cultures au cours du cycle ne sont pas satisfaits, la croissance normale de la culture peut être affectée. Sur une période donnée, plus la pluviométrie est inférieure aux besoins et plus la sécheresse est importante. La sécheresse est donc une insuffisance de pluviométrie, pendant une période de temps, qui aurait un effet négatif sur la culture.

Les appellations de la sécheresse sont nombreuses, selon la cible touchée. Elle est appelée sociale si une population est touchée, climatique si le niveau global des ressources hydriques chute, hydraulique si les réserves d’eau sont affectées, agronomique lorsqu’il s’agit des cultures, physiologique s’il s’agit d’une plante. On peut imaginer d’autres définitions pour des cibles plus larges ou plus petites.

Au niveau de l’agriculture, le sol joue le rôle de tampon, en conservant l’eau entre deux épisodes pluvieux et en la mettant à la disposition de la plante. La sécheresse peut donc ne pas être ressentie par la plante même en absence de pluie, tant que l’humidité du sol reste suffisante et que la plante n’a pas épuisé toutes ses ressources internes.

La sécheresse agronomique n’est pas seulement une insuffisance de pluviométrie pendant une période de temps donnée, mais un manque d’eau sur une période suffisamment longue pour être ressentie par la culture. L’évènement de sécheresse ne peut pas être dissocié de la culture et de son environnement. Durant les deux grandes sécheresses survenues au Maroc, durant les campagnes agricoles 1994-1995 et 1999-2000, des cultures installées après jachère ou après des cultures irriguées n’ont pas souffert de la sécheresse car le sol avait conservé suffisamment d’eau.

Dans la littérature, l’analyse de la sécheresse agronomique s’est basée sur l’exploitation des données historiques de la pluviométrie en vue de générer des normes statistiques de référence ou des probabilités d’occurrence d’une classe de pluviométrie, indépendamment des besoins des cultures. Selon cette approche statistique, on considère qu’il y a sécheresse lorsque la pluviométrie est inférieure à une pluviométrie seuil, qui est généralement prise comme la moyenne ou la médiane d’une longue série chronologique.