Eléments d’aide au raisonnement de l’échantillonnage du sol en parcelle agricole

Nombre d’échantillons

En pratique, toutes les analyses sont déterminées sur un seul et même échantillon dit composite ou moyen, constitué en fin d’échantillonnage en mélangeant entre eux l’ensemble des prélèvements élémentaires d’une même parcelle.

A l’évidence, c’est l’élément dont la répartition est la plus hétérogène dans le sol, qui va fixer le nombre de prélèvements à réaliser pour constituer l’échantillon moyen.

D’après les résultats disponibles au Maroc, il faut prélever entre 10 et 20 échantillons pour se faire une idée précise du coefficient de variation (CV) en ce qui concerne l’azote, le phosphore et le potassium.

Plus le nombre de prélèvements est élevé plus la précision sur l’analyse s’améliore (figure 3)(voir fichier pdf).

En sol physiquement homogène (visiblement uniforme à l’œil nu) et n’ayant pas fait l’objet d’apport récent hétérogène de fertilisants (d’après l’enquête au champ), le coefficient de variation minimal de référence pour déterminer le nombre de prélèvements peut être considéré égal à 7 % en ce qui concerne P et K. Par contre, ce CV devient important (15%) lorsque le sol est hétérogène ou rendu hétérogène par des modalités spéciales d’apport de fertilisants (en bande, localisé) ou d’exploitation du terrain (culture intercalée avec des arbres et fertilisée différemment, rebouchage de trous d’arrachage avec forte remontée de sous sol).

Le CV est aussi fonction de la profondeur. Il est en général plus élevé en sous sol qu’en surface et est différent selon le critère considéré (toutes choses égales, en terre homogène de grande culture, la répartition de l’azote nitrique dans le sol semble plus hétérogène que celle du pH, de la matière organique, P, K…).

En outre, le nombre de prélèvements par parcelle doit tenir compte du coût économique et de la pénibilité du travail à la tarière, en particulier en sol sec. Ainsi, pour allier exigences théoriques et contraintes pratiques, les résultats de recherches disponibles conduisent à la nécessité d’un minimum de 10-15 prélèvements élémentaires en parcelle à pédogenèse homogène et 20- 30 en parcelle hétérogène.

Répartition des prélèvements au sein de la parcelle

Dans une parcelle, il y a un nombre infiniment grand de possibilités de répartir les vingtaines de points, couramment réalisés pour prélever le sol.

En théorie, pour des variables analytiques non structurées spatialement et réparties normalement, les sondages peuvent être distribués au sein de la parcelle selon n’importe quel plan d’échantillonnage. Dans la pratique, il a été démontré que la répartition des éléments est parfois une distribution en “poches”, de ce fait, l’aire réelle à prospecter doit être suffisamment grande pour pouvoir représenter la parcelle. La vieille méthode, dite ponctuelle, consistant à échantillonner une petite pièce limitée de quelques m2 (figure 4) (voir fichier pdf) pour évaluer la fertilité du sol, est à proscrire.

Le parcours le plus souvent recommandé pour réaliser le prélèvement est soit le zigzag, le long des diagonales, en lignes parallèles, ou en étoile à partir du centre dans le cas des pivots. De tels modes de répartition (Figure 5)(voir fichier pdf), ne sont que des cas particuliers d’un échantillonnage aléatoire. Leur avantage pratique est par contre d’obliger le préleveur à visiter les divers coins de la parcelle.