Eléments d’aide au raisonnement de l’échantillonnage du sol en parcelle agricole

Outil de prélèvement

D’habitude, le prélèvement de sol est réalisé au moyen d’une tarière agricole, d’une sonde ou d’une canne. Au Maroc, dans un but promotionnel (de l’analyse), on peut tolérer provisoirement que le prélèvement soit fait à l’aide d’outils non conçus en principe dans ce but, telle une pelle, une bêche ou une sape. Par contre, il faut éviter de prélever le sol à la main.

Dans un essai ayant porté sur la comparaison d’une tarière hélicoïdale (Carotte de longueur de 18 cm et de diamètre de 5 cm) et d’une sape de taille moyenne (longueur de 25 cm, largeur de 15 cm), réalisé à Meknès, les résultats obtenus montrent l’existence d’un effet significatif “outil”, du vraisemblablement à la différence de forme entre les deux outils. La sape, utilisée surtout en raison de sa maniabilité aisée en sol meuble, donne des chiffres systématiquement supérieurs, aussi bien en ce qui concerne la richesse moyenne (tableau 1) (voir fichier pdf) qu’en ce qui concerne la variabilité correspondante. Dans le cas précis de cette terre homogène, les coefficients de conversion pour le potassium ont été de 1.03 pour la couche arable et 1.08 pour le sous sol par rapport à la tarière. Un tel résultat suggère que, pour opérer convenablement des comparaisons périodiques, de ne pas changer d’outil entre deux prélèvements successifs.

Profondeur de prélèvement

C’est l’épaisseur réelle susceptible d’être exploitée par les racines qui doit dicter l’épaisseur de sol à échantillonner. Celle-ci ne doit être évaluée ni par excès ni par défaut, sinon le système interprétateur sera induit en erreur au moment du choix du coefficient de modulation pour tenir compte de la profondeur du terrain.

Un tel choix n’est pas sans susciter des interrogations en cas de présence d’obstacles physiques dans le profil (semelle de labour) ou de successions de cultures ou s’alternent espèces à enracinement profond (colza, féverole) et espèces à enracinement superficiel (bersim, ray gras). Dans les terrains herbagers de type prairie permanente (moins importants au Maroc), il ne faut pas excéder la profondeur du tapis racinaire de 5-10 cm.

En sol peu profond, telle une rendzine, le prélèvement sera limité à la couche superficielle (10/15 cm). L’analyse du substrat très calcaire et stérile sous-jacent, ne présente en général aucun intérêt. Inversement, dans un sol profond, travaillé normalement (charrue, chisel) et portant une culture annuelle à enracinement normal (céréales, betterave, …), il faut réaliser un premier prélèvement dans la couche superficielle, où se déroule l’essentiel de l’activité racinaire (0-20; 0-30 cm), et un second prélèvement dans le sous-sol (20-40; 30-50 cm). Le fond du labour est souvent utilisé comme repère pour le choix de la profondeur.

D’une manière générale, l’analyse du sous sol n’est pas une obligation (du moins en grande culture), puisque d’un point de vue fertilité chimique, souvent couche arable et sous-sol sont l’un à l’image de l’autre. Par contre, la corrélation positive sol/sous-sol n’est plus vraie dés lors que le terrain est soumis à une fertilisation excessive de surface ou lorsque la formation pédologique est constituée d’une couche de surface sableuse pauvre, reposant sur un horizon argileux fertile.

L’exemple typique au Maroc est fourni par les sols argileux ensablés des Doukkala. Dans ce cas, une attention particulière doit être portée au sous-sol si l’on veut interpréter correctement le résultat d’analyse.

Dans le cas d’un verger en place, il faut compléter le prélèvement à la tarière par des échantillons spécifiques prélevés dans le profil, réalisé autour des racines des arbres. Pour la vigne, la couche du sol à prélever se situe entre 20 et 50 cm. C’est dans cette partie du sol que la densité en racines est généralement la plus forte. Les quelques racines situées dans la couche 0 à 20 cm n’ont qu’une importance très limitée dans l’alimentation minérale de la plante.

Des protocoles spéciaux sont également utilisés si le travail est réalisé à des fins de recherche. C’est le cas du suivi de la lixiviation des éléments mobiles comme les nitrates.