Eléments d’aide au raisonnement de l’échantillonnage du sol en parcelle agricole

Epoque d’échantillonnage

En matière d’échantillonnage du sol, c’est l’objectif poursuivi qui détermine l’époque de prélèvement. Un contrôle d’azote peut être ponctuel et dicté par le besoin de connaître le niveau du sol en cet élément autour d’un stade crucial (tallage pour le blé, sortie du régime pour le bananier, formation du bouton pour le rosier) ou continu et dicté par le besoin d’un suivi plus soutenu des changements d’états de l’élément dans le milieu, dans un but soit agronomique (établissement des courbes de minéralisation/réorganisation, figure 1) (voir fichier pdf), soit environnemental (identification des périodes à haut risque de pollution par migration de nitrates).

L’époque de prélèvement est parfois repoussée à cause du climat (difficulté d’obtenir un échantillon représentatif sur sol détrempé). De même, les résultats d’analyse du sol sont biaisés si l’échantillonnage est réalisé juste après un apport massif d’amendements ou de matières fertilisantes (fumier, calcaire, engrais), d’où la nécessité d’attendre 2 à 3 mois.

D’autres paramètres de fertilité que les nitrates, subissent des variations saisonnières. Le pH par exemple, a tendance à baisser légèrement en été par suite de production d’acides (nitrique, humique, carbonique) due à l’activité biologique intense à cette période, et à augmenter en hiver, par dilution de la solution du sol, sous l’effet de la pluie. Pour le potassium échangeable, la mesure réalisée en été donne un résultat systématiquement différent de la mesure de printemps (Figure 2)(voir fichier pdf).

Si un nouvel échantillonnage doit être refait, avec comme objectif la comparaison, il y a lieu d’éliminer de l’analyse l’effet additionnel du à la saison, en prélevant toujours à la même époque.

Au Maroc, les temps réels de réponse des laboratoires d’analyse sont assez longs par rapport aux exigences admises (2 à 3 mois contre 2-4 semaines). Impératifs de délai obligent, pour l’analyse complète dite de base (granulométrie, bases échangeables, azote, phosphore, oligo-éléments, salinité, capacité d’échange), la campagne de prélèvement doit toujours commencer tôt si l’on veut être au rendez vous, en vue de l’interprétation et la commande d’engrais pour les cultures.

En Bour, la sécheresse et l’absence de culture font de l’été une période caractéristique (avec conditions de milieu reproductibles), particulièrement indiquée pour l’échantillonnage en vue d’analyses de base pour les cultures d’automne. Pour l’irrigué, la période importe peu, à la condition de toujours revenir à la même époque et de pouvoir disposer de l’analyse à temps.

Lorsque les délais ne constituent pas une contrainte, la règle est que la meilleure époque de prélèvement se situe avant les fumures et derrière une culture exigeante (telle une betterave); le but final, étant de remettre au sol, ce qu’il a perdu comme éléments minéraux à la suite d’une forte récolte épuisante.

Au Maroc, avec les petites structures d’analyse existantes, il faudrait s’efforcer au moins à ce que les résultats des échantillons, prélevés en été, soient disponibles avant les fumures d’automne, et ceux prélevés en automne, avant les fumures de printemps.