Nécessité du désherbage précoce des céréales pour la valorisation des intrants

Les possibilités d’étendre la sole céréalière sont très limitées. L’intensification de la culture reste une alternative pour l’amélioration et la stabilisation de la production céréalière de notre pays. L’utilisation des pesticides en général et des herbicides dans un train technique performant, depuis le semis jusqu’à la récolte, permet d’augmenter le rendement des céréales.

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Effectivement, la consommation des céréales en pesticides a connu une augmentation relativement importante ces dernières années. La consommation des herbicides, qui représentent 90% des quantités des pesticides utilisés à l’échelle nationale, est constituée pour 89% d’herbicides antidicotylédones et 11% d’herbicides anti-folle avoine. Cependant, la première catégorie d’herbicides est largement dominée par les phytohormones. Ces herbicides sont utilisés à un stade relativement tardif des céréales. En outre, les études sur la compétition des mauvaises herbes vis-à-vis du blé ont permis de démontrer que les adventices non contrôlées avant tallage peuvent engendrer une perte de rendement dépassant 20%. Avec ce niveau de baisse de la production, les inputs investis ne seraient pas bien rentabilisés. Ainsi, l’objectif de cette étude est de comparer l’impact de trois périodes de désherbage (précoce, semi-précoce et tardif) sur la production du blé dur.

Méthodologie

Installation et conduite des essais

Deux essais de désherbage chimique du blé dur (variété Karim) ont été conduits au champ, durant la campagne 1993-1994, sur un sol limono-argileux et à pH neutre, à la ferme d’application de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II du Gharb. Le précédent cultural était un bersim. Le semis a été effectué le 6/12/93 avec un semoir réglé pour délivrer 150 kg/ha. Les engrais de fond et de couverture ont été également apportés. La culture a été récoltée le 13/06/94.

Description des traitements

Les essais ont été installés sur deux parcelles d’un hectare chacune, l’une irriguée (60 mm au stade remplissage) et l’autre en bour. Pour chaque essai, le dispositif en blocs aléatoires complets avec quatre répétitions a été adopté. Les parcelles élémentaires ont une superficie de 550 m² (22x25m). Les traitements consistent à comparer trois périodes de désherbage (précoce, semi-précoce et tardif) aux parcelles non désherbées. Les herbicides utilisés sont donnés dans le tableau 1 (voir fichier PDF). Ils ont été pulvérisés avec un pulvérisateur à dos muni d’une seule buse à fente permettant de délivrer un volume de bouillie de 300 l/ha.

Observations et mesures

Les observations et mesures ont porté à la fois sur les mauvaises herbes et la culture du blé dur. L’évolution de la densité et de la biomasse des mauvaises herbes a été suivie dans les parcelles non désherbées. Quant à l’efficacité des désherbages, elle a été évaluée à l’épiaison et à la récolte en prélevant deux quadrats de 0,5mx0,5m par traitement. L’efficacité a été ainsi exprimée en pourcentage de réduction de la biomasse de mauvaises herbes du traitement désherbé par rapport au traitement non désherbé. Le rendement de chaque traitement a été estimé en prélevant trois échantillons d’un mètre carré sur la diagonale de chaque parcelle élémentaire.