Eléments d’aide au raisonnement de l’échantillonnage du sol en parcelle agricole

Conseils pratiques pour la mise en œuvre de l’échantillonnage

L’échantillonnage du sol est une affaire de spécialiste. Sa mise en œuvre sur le terrain ne peut être déléguée sans garanties du respect intégral des consignes complémentaires suivantes:

1. le personnel en charge de l’opération doit être expérimenté, consciencieux et avisé des risques encourus en cas de non respect des consignes (échantillonnage limité à un coin de la parcelle, nombre de prélèvements insuffisant, erreur sur l’étiquetage…). En cas de chantiers d’envergure, un ingénieur superviseur à pied d’œuvre, c’est du gain de temps et surtout en qualité du travail;

2. le matériel de prélèvement (tarière, sape), d’emballage du sol (boite en carton, sac en plastique), d’étiquetage,… doit être propre et garanti “Zéro Risque” de contamination pour l’échantillon. Ne surtout pas expédier le sol au laboratoire dans un sac d’engrais usagé.

3. ne jamais mélanger entre eux, sol et sous sol d’une même parcelle, pour constituer un échantillon composite;

4. en cas de plusieurs horizons, utiliser de préférence des seaux de couleurs différentes; si le prélèvement est réalisé à deux (une personne pour la couche arable et une seconde pour le sous sol), opérer de préférence l’un décalé par rapport à l’autre (d’un trou), et non l’un en compagnie de l’autre;

5. nécessité absolue du respect de la profondeur de prélèvement;

6. la masse de terre prélevée par carotte doit être la même (principe de proportionnalité);

7. éviter de prélever dans des micro-zones particulières pour ne pas biaiser l’analyse (zone marginale, aire de séjour d’animaux, aire de stockage de fumier ou de cendres avant épandage, couche particulière déposée par suite d’érosion …);

8. en fin de parcelle, veiller à une bonne homogénéisation in situ (5-10 min), de la masse totale de terre recueillie avant d’en prélever le 1 ou 2 kg à envoyer au laboratoire pour analyse;

9. l’étiquette de référence doit être accolée solidement au sac et contenir toutes les informations nécessaires à l’identification de l’échantillon (adresse complète, numéro de la parcelle, type de sol, date, précédent cultural, profondeur de prélèvement);

10. ne jamais mettre une étiquette en carton à l’intérieur du sac si le sol est humide (risque de décomposition);

11. s’il y a risques qu’une étiquette soit détachée, mettre un numéro d’identification sur le sac à l’aide d’un stylo feutre indélébile;

12. l’échantillon doit être accompagné d’une fiche agronomique complète, conforme au modèle du laboratoire interprétateur, sans oublier d’en garder une copie;

13. veiller au transport des échantillons dans des conditions sans risque de contamination;

14. des conditions spéciales de transport à froid sont exigées pour l’azote si le contrôle doit être fait avec grande précision;

15. pour des impératifs de traçabilité, obligation de citer le nom du préleveur afin de pouvoir consulter ce dernier, en cas de problème quelconque sur l’échantillon.

Fiche agronomique de renseignements

C’est le système d’interprétation mis en place qui fixe le contenu de la fiche de renseignements à faire parvenir au laboratoire avec l’échantillon. Le modèle varie quelque peu avec les systèmes, quoique le but agronomique commun reste dans tous les cas, de rattacher l’échantillon à son environnement au plan climat, terrain, agriculture pratiquée, ses particularités, …afin d’obtenir l’interprétation la plus juste possible du résultat d’analyse.

Pour le logiciel Ibn Alawam système, dédié à la grande culture, voici le minimum d’informations exigé pour renseigner l’ordinateur afin d’avoir une interprétation correcte de l’analyse:

1. Identification de l’échantillon: pays, région, exploitation, parcelle;

2. Informations sur le milieu: étage climatique et possibilité d’irrigation (aride, semi-aride, Bour dit favorable, irrigué traditionnel, irrigation par pivot), type de terrain et ses caractéristiques (pente, pierrosité, profondeur);

3. Informations sur la culture: précédent cultural (jachère, légumineuses, plantes sarclées, céréales), rendement du précédent, culture envisagée, rendement prévisionnel espéré;

4. Informations sur les mouvements de matière: apports de fumier, de gadoue, lisier, leur qualité générale (bonne, moyenne, mauvaise), appréciation sur le risque de lixiviation NPK et de volatilisation de l’azote (nul, faible, moyen, élevé), devenir des chaumes (brûlés, retournés).