L’abricotier

L’ABRICOTIER

Importance et aire de culture

La culture de l’abricot (Prunus armeniaca) a connu une importante progression ces cinq dernières années. De 8350 ha en 1993, la superficie a atteint 14000 ha en 2000 avec une production de 100000 T.

La culture de l’abricotier est concentrée essentiellement dans le Haouz (Marrakech) et El Kelaâ, suivi de Ouarzazate, de Moulouya et de Boulmane.

Exigences agro-écologiques

L’abricotier est une espèce assez exigeante en froid hivernal (700 à 1000 heures en dessous de 7,2°C). Il fleurit juste après l’amandier et avant le pêcher. Il est assez sensible au gel hivernal, mais les bourgeons floraux peuvent résister à des températures de -16°C à -24°C quand ils sont dormants.

C’est une espèce qui redoute les printemps pluvieux et humides à cause des attaques des maladies cryptogamiques. Elle est sensible à la mouche méditerranéenne et au capnode sur racine. L’abricotier préfère les sols profonds argilo-limoneux bien drainants.

Les variétés

Au Maroc, la gamme variétale est très réduite. Elle est constituée pour 80% de Canino, une variété à double fin, le marché des fruits frais et la conserve. Les autres variétés sont Gelitano, Delpatriarca, Maoui, Ouardi, Sayeb, Amal et des variétés locales. Des variétés hybrides précoces et tardives de Canino sont aussi en cours d’essai.

Le porte-greffe le plus utilisé est le mech-mech, abricotier local. D’autres porte-greffes tels que Canino, pêcher de Missour, amandier amer, prunier Myrobolan et Mariana sont rarement utilisés (incompatibilité avec le pêcher et le prunier Mariana). La floraison de l’abricotier se situe entre Février et Mars pour une récolte en Avril-Mai chez Maoui et en Mai-Juin pour les autres variétés.

Les techniques culturales

Ces techniques sont similaires à celles réalisées sur l’amandier en matière de travaux du sol et d’irrigation. En ce qui concerne la fumure, les doses suivantes sont préconisées: N: 100-150 U/ha, P205: 80-100 U/ha; K20: 150 U/ha. L’abricotier est exigeant en fumure potassique. La carence en potassium se manifeste par la chlorose et la nécrose du feuillage.

Sur les arbres en production, la taille se réduit à quelques élagages pour assurer la pénétration de la lumière à l’intérieur de la couronne. Eviter les grosses plaies de taille. Chez l’abricotier, les bouquets de mai étant portés par le bois de deux ans et plus, il faut renouveler le bois fruitier sur 3 et 4 ans. On maintient la coursonne assez courte pour faire sortir les bouquets de Mai à proximité de la charpentière.

Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire

L’abricotier est sensible au dépérissement, un groupe de maladies dues à des mycoplasmes (enroulement chlorotique), aux maladies virales (Stem pitting), à divers chancres (Pseudomonas syringae, Eutypha armeniacae), à la Verticilliose et Pourridié du collet et à armillaire.

Les conditions d’hydromorphie excessive, de forte hygrométrie, des tailles sur gros bois et d’excès de fumure sont responsables du développement des agents du dépérissement. Les autres maladies (Moniliose, Oïdium, Coryneum) et ravageurs (Capnode, Cératite, Puceron) doivent être contrôlés selon le stade phénologique de l’abricotier et l’apparition de ces altérations.

Récolte et conservation

La récolte débute en Avril pour la variété la plus précoce (Maoui) et se termine en Juin pour Canino et Gelitano. Elle est très groupée dans le temps. L’industrie de transformation (oreillons au sirop, pulpe, confiture, fruits séchés) souffre du non étalement de la production qui restreint ses activités à un mois au maximum pour ce secteur. Le fruit pour la consommation en frais est très fragile et doit être cueilli deux à quatre jours avant maturité et très tôt le matin ou le soir. Le fruit supporte une vingtaine de jours de conservation à – 0,5°C et 85% d’humidité.