Le marché de l’huile d’Argan et son impact sur les ménages et la forêt

Méthodologie de l’enquête

Les données utilisées dans le présent travail ont été recueillies en deux phases lors d’une enquête auprès des ménages. La première a été effectuée en 1999 correspondant au début des changements dans les marchés d’argan et la seconde a été réalisée en 2007 après les profonds changements opérés dans les marchés d’argan. L’enquête a porté sur les mêmes ménages lors des deux années pour l’évaluation de l’impact du changement des marchés d’argan sur ces ménages et sur la forêt d’argan. L’enquête s’est déroulée dans la zone administrative de la Caïdat de Smimou relevant de la Province d’Essaouira.

Une méthode d’échantillonnage stratifiée a été adoptée en tenant compte de la densité de la forêt (faible, moyenne, haute) et de la répartition géographique des douars (choix de deux douars par classe de densité). L’échantillon a été complété par quatre autres douars situés à proximité de deux coopératives féminines de l’huile d’argan pionnières dans la région pour étudier l’impact de celles-ci sur les ménages qui s’y adhèrent. Au sein de chaque douar, les ménages ont été sélectionnés sur la base du droit d’agdal (peu ou beaucoup d’agdals). Pour chaque ménage, l’enquête a concerné séparément les chefs de foyer, homme et femme.

Pour chaque douar choisi, environ 20 ménages ont été enquêtés en 1999, soit un échantillon total de 149 ménages. Parmi ces 149 ménages, 46 n’ont pas été ré-enquêtés en 2007 pour des raisons de décès ou de maladie du chef de ménage (22 ménages), de migration (9 ménages), d’absence (14 ménages) et de refus d’être enquêté (1 ménage). Sur les 103 ménages restants, neuf seulement sont composés uniquement de l’épouse du chef de ménage, et sept sont composés uniquement du chef de ménage. Il reste donc 87 ménages pour lesquels les données sont complètes.

L’approche empirique qui a été adoptée dans cette étude se fonde sur l’évaluation de l’impact du boom du marché d’argan sur les changements socio-économiques survenus au niveau des ménages entre 1999 et 2007 (richesse, bien-être, éducation,…). Mais, il y a aussi lieu de signaler les autres changements, en plus du boom du marché d’argan, survenus lors de cette période.

Concernant la production totale des fruits d’argan entre 1999 et 2007, les données réelles n’existent pas, mais selon les déclarations des locaux, la production en 2007 est plus élevée que celle d’autres années y compris 1999 qui a été médiocre. Aussi, il faut noter que l’effectif du troupeau caprin dans la province d’Essaouira, révélateur à la fois de la richesse et du bien-être des ménages et de la pression sur la forêt d’argan, a augmenté à partir 1995 avec des fluctuations annuelles liées à la variabilité des précipitations. Ceci indique que l’explosion des prix des produits d’argan à partir de 1998 ne s’est pas traduite par une réduction globale de la pression sur la forêt d’argan à travers la diminution de l’effectif du troupeau caprin. Enfin, il faut signaler que le coût de la vie (indices des prix) dans la région de la forêt d’argan a augmenté de près de 25 % entre 1999 et 2007, ce qui pourrait affecter les revenus et les dépenses des ménages et nuancer les bénéfices qui seraient tirés du marché d’argan.

Une enquête coopérative a été également réalisée pour étudier les conditions et les contraintes de fonctionnement des coopératives féminines de production de l’huile d’argan. Notre choix a porté sur quatre coopératives de la région de Smimou distinctes par l’ancienneté, le niveau d’organisation et d’encadrement et la proximité des axes routiers touristiques.