Les ravageurs des arbres fruitiers: Le Psylle du poirier

Le Psylle du poirier (Cacopsylla pyri Foerster, Homoptera, Psyllidae) est le deuxième ravageur clé du poirier après le Carpocapse. Sa répartition est mondiale et il a été accidentellement introduit d’Europe en Afrique du Nord et dans d’autres continents, notamment américain vers la fin du 19ème siècle.

Il s’attaque au poirier, mais aussi au cognassier. Des prédateurs, notamment les Coccinelles et le Syrphe, bien ménagés par la lutte chimique, ce qui n’est toujours pas le cas, contribuent à affaiblir ses populations mais leur secours demeure bien insuffisant pour maintenir le verger propre et la production commercialement saine. D’ailleurs, un peu partout, le Psylle montre une résistance accrue aux insecticides ce qui rend encore la lutte plus difficultueuse.

Biologie du Psylle

Dans nos vergers le Psylle développe plusieurs générations toutes aussi dangereuses pour le poirier.

Première génération

L’insecte hiverne à l’état adulte sous les écorces des arbres, sous des débris…. Lorsque la température avoisine 10°C, ce qui est presque toujours le cas dans nos vergers, on peut observer ses adultes se déplacer naturellement sur l’arbre. Si la température se maintient plus de 2 jours autour de 10°C, l’accouplement et la ponte débutent immédiatement (dès janvier).

Avant le débourrement, le Psylle pond ses œufs de façon isolée ou en ligne sur les surfaces rugueuses des bourgeons, des rameaux et dans les crevasses de l’écorce. Plus tard, avec le développement des bourgeons et l’apparition des nouvelles pousses, le ravageur se déplace pour aller les déposer sur le pourtour des feuilles et les tiges des pousses où l’on peut au moyen d’une loupe de poche voir aisément ses oeufs. L’éclosion, fortement influencée par la température ambiante, s’étale sur une longue période : plus d’un mois à 5°C vs une semaine à 20°C.

Les premières pontes sur le feuillage éclosent au moment où les feuilles commencent à se déployer. Une femelle peut pondre jusqu’à 400 éléments et même davantage sur une période de 2-3 semaines. Cet étalement rend la lutte laborieuse contre l’insecte. Entre l’oeuf et l’adulte, le Psylle passe par cinq stades nymphaux qui se nourrissent en suçant la sève des bourgeons, des feuilles et des pousses.

Les deux premiers stades sont relativement immobiles et produisent peu de miellat. Les nymphes des troisième, quatrième et cinquième âges se reconnaissent par la présence d’ébauches alaires de plus en plus visibles. Lorsqu’elles se nourrissent, elles se dissimulent souvent sous le miellat à l’aisselle des feuilles. Ce comportement rend malaisé le contrôle de l’insecte à l’aide des pesticides classiques.

La durée du cycle biologique peut varier de 4 à 6 semaines pour la première génération, mais dépend fortement de la température. Cette génération est la plus longue.

Deuxième génération

Les adultes de la deuxième génération font leur apparition dès début avril et peuvent continuer à vivre et à se multiplier tous le mois de mai. Environ 5 à 7 jours après l’émergence, les femelles commencent à pondre le long de la nervure principale sur la face inférieure des nouvelles feuilles. La ponte (200-500 œufs par femelle) peut s’étaler sur 2 à 3 semaines. Les œufs éclosent une semaine après avoir été pondus, de telle sorte qu’à tout moment tous les stades de l’insecte sont présents.

Troisième génération

Les adultes de la troisième génération apparaissent dès début mai et peuvent continuer à vivre et à se multiplier tous le mois de mai et juin. Moins de 5 jours après l’émergence, les femelles commencent à pondre le long de la nervure principale sur la face inférieure des feuilles. La ponte (200-500 œufs par femelle) peut s’étaler sur 2 à 3 semaines.

L’étalement de la ponte et l’échelonnement des éclosions font encore qu’à tout moment tous les stades de l’insecte sont présents. Du fait de ce chevauchement, cette génération est la plus difficile à maîtriser.

Quatrième et cinquième générations

Ces générations estivales occupent tout le mois de juillet mais la mortalité larvaire par les chaleurs contribue efficacement à la réduction de ses effectifs. La ponte se fait surtout sur les gourmands qui s’allongent dans la partie centrale des arbres ou sur les jeunes pousses terminales. La quantité d’œufs pondus (200-400/femelle) dépend des conditions climatiques et de la température.

Les Psylles peuvent encore être présents en grand nombre même après la récolte sur les arbres à forte végétation. Les oeufs de la G4 peuvent apparaître en septembre et même plus tard et donnent une cinquième génération rendue partielle par la diapause, généralement beaucoup moins nombreuse que les trois premières.