La race ovine Beni Guil: Ses performances en race pure et en croisement

Développement musculaire

Le génotype de l’agneau a eu un effet significatif sur l’ensemble des mensurations prises sur la carcasse froide, excepté pour la longueur du gigot (Tableau 1).

Les agneaux croisés Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil ont présenté significativement les carcasses les plus compactes, les plus conformées et les plus larges comparées à celles des agneaux Beni Guil et D’man x Beni Guil tous confondus, soit une supériorité de plus 5, 10, 11, 27 et 10% respectivement pour la largeur de la carcasse, la conformation, le périmètre du gigot, la surface du Longissimus Dorsi et la compacité de la carcasse. De même, les agneaux avec le sang Ile-de-France ont présenté un bon développement musculaire comparé à eux ayant le sang Lacaune.

Dans l’ensemble, ces résultats confirment les résultats antérieurs sur l’avantage de la race Ile-de-France dans les conditions marocaines comme race de croisement terminal, en terme de croissance des agneaux et de production de la viande maigre.

Nos travaux antérieurs ont également montré l’influence favorable des races de croisement terminal à viande sur la conformation et la surface du muscle Longissimus Dorsi dans les croisements avec les races de petit format. Les carcasses des agneaux de type Beni Guil et D’man x Beni Guil ont montré un développement musculaire comparable mais inférieur à celui des agneaux de type amélioré.

Conclusion

Les résultats de cette étude ont permis d’apporter des informations importantes pour contribuer à la caractérisation de la race Beni Guil, notamment en croisement. Les performances ont été obtenues sur des animaux conduits dans des conditions d’élevage semi-intensif.

Les performances de la race Beni Guil en race pure ou croisée avec les béliers des races D’man, Ile-de-France et Lacaune, ont montré que dans les conditions d’élevage de la station El Koudia, le croisement industriel a donné les meilleurs résultats, excepté pour la fertilité des brebis et la viabilité des agneaux à 90 jours.

Les performances de croissance des agneaux croisés de pères améliorés ont été supérieures et le croisement avec les béliers D’man a donné des résultats comparables voire supérieurs à ceux obtenus en race pure Beni Guil pour le poids à 90 jours et le GMQ des agneaux.

Les agneaux croisés de types améliorés Ile-de-France x Beni Guil ont montré une aptitude de croissance à l’engraissement supérieure conduisant à la production de carcasses plus lourdes, plus précoce, moins grasses, plus compactes, plus conformées et présentant une surface de muscle Longissimus Dorsi supérieure.

Sur la base de ces résultats, il a été constaté que les agneaux de la race Beni Guil ont tendance à présenter des carcasses plus grasses et légèrement plus conformées à celles des agneaux de la race Sardi, Boujâad et à moindre degré par rapport à la race Timahdite qui montre une aptitude à l’engraissement intermédiaire. La race Beni Guil présente toutefois des aptitudes intéressantes notamment sa rusticité et son adaptation importantes aux conditions difficiles de la steppe de l’oriental.

Dr. Moussa El Fadili

Institut National de la Recherche Agronomique, Rabat