La race ovine Beni Guil: Ses performances en race pure et en croisement

Productivité de la brebis

La productivité au sevrage, caractère composé, des brebis Beni Guil a été supérieure dans les croisements avec les béliers Lacaune (22,3 kg) et Ile-de-France (21,8 kg) en comparaison avec l’accouplement en race pure (17,2 kg) ou avec les béliers D’man (18,9 kg). Dans les mêmes conditions d’élevage, les brebis Timahdite et Sardi ont sevré des portées respectivement de 21,7 et 20,6 kg en race pure et 21,9 et 20,2 kg en croisement avec les béliers D’man, et 25,2 et 24,2 kg avec les béliers du croisement terminal.

La faible productivité pondérale de la race Beni Guil en comparaison avec les races Timahdite et Sardi, élevées dans les mêmes conditions de la station et croisée avec les mêmes races de béliers de croisement, peut être expliquée en partie par le fait que les animaux (brebis et béliers) Beni Guil ont été achetés en majorité dans les souks de l’oriental et ont des gabarits à l’âge adultes inférieurs à ceux des races Timahdite et Sardi, qui ont été sélectionnées à la station El Koudia depuis plusieurs années.

Performances à l’engraissement et à l’abattage

Les GMQ à l’engraissement des agneaux issus des différents génotypes sont hautement significatifs (Figure 5). Comme attendu, les agneaux de types améliorés Lacaune x Beni Guil et Ile-de-France x Beni Guil ont réalisé les meilleurs GMQ à l’engrais, soit respectivement 263 et 211 g/j. Les agneaux avec 50% des gènes D’man ont réalisé une croissance moindre mais non significative comparée à celle des agneaux de race Beni Guil.

Les GMQ obtenus sont de même grandeur à ceux du croisement de brebis de la race Timahdite avec des béliers de la race D’man et améliorés (Ile-de-France, Lacaune), soit 218 et 256 g/j. De même, les agneaux Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil, tous confondus, ont été à la fin d’engraissement et à l’abattage plus jeunes de 11 j comparés aux génotypes Beni Guil et D’man x Beni Guil (Figure 6). En outre, les agneaux Ile-de-France x Beni Guil et Beni Guil ont été plus efficient et ont mieux transformés les aliments distribués en comparaison avec l’indice de consommation des agneaux Lacaune x Beni Guil et D’man x Beni Guil.

Les agneaux Beni Guil et D’man x Beni Guil ont présenté des poids à l’abattage et de la carcasse significativement inférieurs de 3,05 et 1,50 kg que les agneaux croisés Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil. Les agneaux des pères Ile-de-France ont été plus jeunes et plus lourds que les agneaux de pères Lacaune (Figure 7).

L’avantage des agneaux croisés de type Ile-de-France sur les agneaux issus des croisements avec d’autres races améliorés comme Suffolk et Mérinos Précoce a été également rapporté dans la littérature. Le rendement en carcasse le plus élevé a été réalisé chez les agneaux Ile-de-France x Beni Guil et Lacaune x Beni Guil avec respectivement 53,5 et 53,2%, alors que les agneaux Beni Guil et D’man x Beni Guil ont réalisé un rendement en carcasse moindre, de l’ordre de 52% (Figure 8).