Fertigation de la tomate hors sol dans la région de Douiet (Maroc)

La culture en hors sol est l’une des technologies modernes utilisées aujourd’hui en horticulture pour valoriser les terrains à problèmes, où une meilleure productivité est impossible autrement qu’avec un substrat de culture artificiel.

C’est l’unique solution lorsque le sol naturel souffre de contraintes incorrigibles (terrain rocailleux, hydromorphes, salés,…), alors que tous les autres facteurs (climat, disponibilité et qualité de l’eau, proximité et prix du marché,…) sont favorables.

C’est aussi la solution efficace pour d’anciens périmètres de monoculture surexploités, dont les installations sont encore en bon état pour continuer à produire, tandis que le sol est dans un état de fatigue (nématodes, fusariose vasculaire,…), où la restauration de sa productivité n’est plus possible avec des interventions agronomiques courantes, telle la désinfection.

Dans de nombreux cas, la reconversion plein sol/hors sol peut également s’avérer intéressante, si par rapport à la culture en plein sol, les éléments disponibles montrent que des gains substantiels de productivité, et surtout de rentabilité, en sont attendus.

D’une manière générale, pour tirer un meilleur parti de cette technologie, les principaux facteurs importants mis en jeu sont le substrat, le potentiel variétal, la conduite sous abri (chauffé ou non) et la fertigation.

Le but de ce bulletin est de faire le point sur la fertigation au Domaine Agricole de Douiet, après 18 ans d’expérience sur le sujet.

Contexte général de production

Le projet de tomate hors sol, objet du présent bulletin, a été réalisé en 1987/88 dans la zone de Douiet, sise à environ 10 km à l’Ouest de la ville de Fès, sur la route de Sidi Kacem. Il compte une superficie d’environ 20 ha de tomate indéterminée (Prisca au départ, Daniela par la suite; densité = 18.500 plants/ha; cycle total de 9 mois; 22 à 24 bouquets/cycle) cultivée en conteneurs, sur pouzzolane locale extraite des carrières de Timahdite. Les premiers semis ont généralement lieu fin juillet/début août en vue d’une production pour l’exportation à partir de fin automne.

Le climat de la zone est de type continental, caractérisé par un hiver froid et pluvieux (Tmin < 0°C; P > 500 mm/an) et un été sec et très chaud (P » 0 mm; Tmax. > 40 °C).

Du fait du froid hivernal, la tomate de primeur dans cette zone est produite sous abris plastiques (en partie de type Delta-9 et en partie multichapelles), chauffés en utilisant l’eau du forage géothermique de Aïn Allah (débit q = 320 l/s; T° = 45 °C; pression P = 28 bars). Compte tenu des minima à respecter en hiver, pour éviter les dégâts sur la tomate, l’étude géothermique a été réalisée avec comme objectif, lors des calculs du nombre de boucles de chauffage/unité de serre, d’avoir un DT de + 10°C, c’est à dire + 6°C à l’intérieur de la serre, lorsque le thermomètre enregistre – 4°C à l’extérieur.