Utilisation du bec Kemper pour la récolte du maïs ensilage

Au Maroc, c’est généralement le bec frontal classique à 4 rangs (rarement 6 rangs) qui est utilisé pour récolter le maïs ensilage. L’utilisation de ce bec suppose cependant des semis à écartement standard figé de 70 cm, qui est celui du bec. Dans les parcelles irriguées à la raie, par aspersion ou par pivot, et dans les parcelles de goutte à goutte conduites en lignes simples, ce type de semis ne soulève aucun problème particulier, si ce n’est de reproduire exactement l’écartement interligne exigé, afin que les pieds de maïs n’échappent pas au bec au moment de la récolte.

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Ce n’est plus le cas dès lors que le maïs est semé avec d’autres écartements, entre autres en lignes jumelées avec un double interligne (ex. 45 cm entre les lignes et 95 cm entre les doubles lignes). Le bec classique n’étant plus aisément utilisable et il faut alors lui substituer une tête de récolte à tambours conçue pour récolter le maïs et les autres plantes fourragères, quels que soient le sens du semis et l’écartement entre rangs.

Le but de ce bulletin est de relater les résultats d’un suivi réalisé en été/automne 2006 dans la région de Larache (zone de Laouamra) et complété dans la région du Gharb (zone de Moghrane), sur le bec Kemper Champion M4500, monté sur une ensileuse automotrice John Deere.

Eléments techniques sur le matériel

Le récolteur à tambours, objet du présent suivi, est de marque Kemper (Champion-type M4500) d’une largeur de travail de 4,55 m. Il comprend un cadre de montage, deux étriers et quatre tambours d’alimentation équipés de scies à lames, deux tambours de convoyage, des pointes de diviseurs (centrale, grandes, petites), des releveurs de tiges, une vis sans fin rotative de chaque côté, et des limiteurs de couple (embrayages à friction pour l’entraînement principal et pour les tambours).

Les tiges sont coupées par la scie à lames et entraînées successivement par les dents des tambours d’alimentation et des tambours de convoyage, qui les acheminent dans un flux longitudinal vers les rouleaux de pré-compression, la chambre de hachage et l’éclateur de grain de l’ensileuse. Le produit est ensuite transféré dans le cône d’éjection et expulsé par la tuyère vers la remorque.

L’ensileuse équipée de tête Kemper sur laquelle l’essentiel du suivi a été réalisé dans la présente étude est de marque John Deere, série 6850, de puissance 455 CV. Comme toute ensileuse de ce genre, la machine est équipée d’une chambre d’alimentation, constituée d’un laminoir de 4 rouleaux (2 rouleaux d’entrée et 2 rouleaux de sortie), d’un hacheur à tambour de 56 couteaux (4 x 14), d’un éclateur de grains, en plus de l’équipement d’affûtage et de détection de métal électromagnétique pour la protection du groupe ensileur.

L’entraînement principal s’effectue à l’aide d’un arbre à cardans à partir de la boîte de vitesses réversible située du côté gauche de la machine.

Nature des observations réalisées

Les observations ont été réalisées en été/automne 2006 à la ferme de Bargha de la société Mazaria, sise dans la région de Laouamra (terrains de texture très sableuse, 650 ha de maïs semé en lignes jumelées et irrigué au goutte à goutte, écartement entre lignes de 45 cm, écartement entre doubles lignes de 95 cm) et complétées ensuite à la ferme de la société Bassita à Moghrane (terrains de texture très argileuse et hydromorphes, 320 ha de maïs semé en lignes jumelées et irrigué au goutte à goutte, écartement entre lignes de 45 cm, écartement entre doubles lignes de 95 cm). Elles ont porté en particulier sur l’organisation des chantiers, l’efficacité du bec, le rendement horaire, les facteurs améliorants ou aggravants de ce rendement, la qualité du travail, le coût d’utilisation, et enfin le comportement spécifique de la machine dans les terrains de chacune des deux régions concernées.