Contribution à l’évaluation de l’impact de la filière de l’huile d’argane sur l’autonomisation des coopératives féminines de production dans la province de Tiznit

MATÉRIEL ET MÉTHODES

L’étude empirique a été réalisé auprès des coopératives féminines de production de l’huile d’argane exerçant leur activité dans la province de Tiznit ainsi que sur la population des femmes impliquées ou en voie d’implication dans ces coopératives, plus précisément au niveau des communes rurales de Reggada, Aglou, Arbaa Sahel, Anezi, Tafraout et Tighmi. L’étude a cerné 14 coopératives, au sein desquelles un échantillon de six à huit femmes est également enquêté de façon à être représentatif de l’ensemble des femmes composant la structure ; membres du bureau exécutif et adhérentes.

L’analyse de l’autonomisation, se propose de montrer comment les femmes se situent par rapport à trois états retenus par le modèle d’El Harizi (2006) pour qualifier leurs positionnements individuels en matière d’autonomisation. Les trois états retenus concernent, les accomplissements et donc l’évaluation que les femmes font de leur propre expérience de vie, les écarts qui mesurent la distance vécue entre les accomplissements et les attentes personnelles et, enfin, les attitudes des femmes vis-à-vis d’un certain nombre d’objets qui interfèrent avec leur capacité d’autonomie, à savoir (le pouvoir, le savoir et savoir-faire, les avoirs et le vouloir).

L’appréciation de chaque dimension s’est réalisée à travers des scores, évalués par l’échelle de Likert allant de 1 à 5 degrés. Cette échelle permet de quantifier des informations d’ordre qualitatif pour aboutir éventuellement à un score.

Pour la mesure des états d’accomplissement et d’écart: Les réponses données par les sujets sur leur rapport à ces états sont évaluées sur la base d’une échelle de Likert à 5 degrés, dont les significations, vont d’une «absence d’accomplissement» ou de «satisfaction» jusqu’à a «accomplissement total» ou «satisfaction totale». L’échelle de Likert utilisée pour évaluer les dimensions de l’attitude des sujets va de «pas du tout d’accord» jusqu’à «tout à fait d’accord» .

L’évaluation de la rentabilité financière a été effectuée moyennant le recours à l’analyse coût-bénéfice. L’estimation des bénéfices est faite sur la base des principaux produits tels que: l’huile d’argane alimentaire et cosmétique, le fruit d’argane et les amendons, ainsi que par ses sous-produits: le tourteau, la pulpe sèche et la coque. Leur calcul se fait en multipliant les quantités vendues annuellement par leur prix de vente, sauf pour les sous-produits vu que leurs quantités ne sont pas enregistrées par les coopératives sur un registre officiel, nous nous sommes basés sur les éléments de l’enquête en matière de rendement et productivité suivant le procédé semi-mécanisé (Chaker, 2013): l’extraction d’un litre d’huile d’argane génère une quantité de 11,5 Kg de pulpe, 15,5 Kg de coque et 0,8 Kg de tourteau. En ce qui concerne l’estimation des coûts, il revient à sommer les coûts d’investissement liés aux frais de premier établissement, aux frais d’acquisition de l’équipement, du terrain et du local, et les coûts récurrents correspondant aux charges annuelles de rémunération de la main d’œuvre, les charges d’approvisionnement en matière première, les charges annuelles d’entretien et de maintenance, les frais de l’eau et de l’électricité, et les dépenses liées aux ventes.

Afin de juger la rentabilité des différentes coopératives, nous avons calculé les quatre 4 indicateurs les plus courants et les plus utilisés en évaluation analyse des projets de développement, à savoir, la valeur actualisée nette (VAN), le taux de rentabilité interne (TRI), le ratio bénéfice-coût (RBC), et le délai de récupération du capital (Payback).

L’évolution du prix de vente de l’huile d’argane alimentaire a été estimée par une série chronologique de 10 ans et suppose une augmentation moyenne de 2 % par an. Les prix des autres produits de l’arganier évoluent suivant la même hypothèse, à savoir une évolution annuelle de 2 %.

Pour estimer l’évolution des quantités de production, d’après les calculs Haut-commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification la dégradation annuelle serait de 1,2 %, l’estimation des quantités produites annuellement dépend essentiellement du niveau de technologie de chaque coopérative à savoir le nombre de machines acquises. Quant aux charges variables elles suivent le taux d’évolution des quantités produites.

Source sur Revue Marocaine des Sciences Agronomique et Vétérinaires et ficher PDF
https://www.agrimaroc.org