Fertilisation azotée du blé en Bour et en irrigué

 Du fait du rôle critique de l’azote et sa disponibilité limitée, la conduite de la fertilisation azotée est un aspect extrêmement important de la production des plantes. Plusieurs méthodes ont été développées pour le raisonnement de la fertilisation azotée des cultures.

L’élaboration de normes d’interprétation de la fertilité azotée des sols (N soil test Calibration) est basée sur les relations observées entre un indice de fertilité des sols (N Minéral, N-NO3, N-NH4+, indice de disponibilité de l’azote) et la réponse de la plante. Une autre méthode est celle du bilan prévisionnel de l’azote qui tient compte des besoins de la plante et des fournitures en azote du sol.

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Une méthode plus élaborée pour le développement des recommandations en matière de fertilisation azotée est l’utilisation d’un modèle qui prédit les besoins et les fournitures quotidiens en azote à partir de différentes sources durant le cycle de développement de la plante. Il s’agit de décrire les effets de l’azote ou sa déficience en terme de processus de croissance qui déterminent le rendement et de prédire sur cette base les quantités requises pour un rendement objectif.

L’élaboration de références régionales constitue une étape nécessaire, quelle que soit la méthode adoptée. Dans ce qui suit, nous avons revu les travaux de recherche sur la fertilisation et nutrition azotées au Maroc afin de faire ressortir ces relations et références utiles en vue de l’élaboration de recommandations en matière de fertilisation azotée en Bour et en irrigué.

Fertilisation azotée des blés en Bour favorable

Production de matière sèche

La production de matière sèche correspond au produit de la durée de la période de production et du taux moyen d’accumulation de matière sèche durant cette période.

Phénologie

Le développement des plantes est déterminé par le génotype et par l’environnement, notamment la longueur du jour et la température. N n’a pas d’effets directs sur la phénologie de la plante. Mais une déficience en N peut causer la fermeture des stomates à des potentiels hydriques plus élevés ou une réduction de prélèvement de l’eau du fait d’une résistance racinaire plus importante et donc une diminution de la transpiration. Ceci se traduit par des températures plus élevées de la plante qui résultent en un développement plus accéléré, en d’autres termes des durées de phases plus courtes.

Accumulation de la matière sèche

Les quantités d’azote apportées affectent très fortement la production de matière sèche. L’augmentation de la matière sèche totale (MST) est proportionnelle à la dose d’azote appliquée. Cependant, les doses supérieures à 120 kg N/ha n’ont pas amélioré la production de MS en Bour. La date d’application s’est avérée également importante, les apports en début de cycle (jusqu’au stade B) se sont traduits par de plus grandes productions de MS comparés aux apports tardifs (Figure 1, voir fichier PDF). Les taux d’accumulation de la MS durant la phase linéaire (B-anthèse) ont varié de 68 à 290 kg/ha jour. Au Gharb, ce taux a été en moyenne de 150 kg/ha/j comparé à 35 kg/ha/j durant la phase A-B.

Tout au long du cycle, la MST s’est avérée fortement corrélée à l’azote absorbé (figure 2, voir fichier PDF). Ces résultats montrent que les différences en matière d’absorption de l’azote se traduisent sur les processus de croissance et de développement et causent des variations en MS produite.

Les traitements avec des apports en début de cycle ont développé une surface foliaire plus importante par rapport aux traitements sans apport ou à apport tardif (Figure 3, voir fichier PDF). La surface foliaire s’est avérée fortement corrélée à l’absorption de N, et aussi au rendement grain indiquant le rôle des surfaces assimilatrices dans l’absorption et la production de grain.