La betterave à sucre monogerme

Intérêt de la pré-irrigation

Lorsqu’il n’est pas possible de procéder à un labour précoce, la pré-irrigation offre un intérêt majeur dans la préparation du sol et représente une pratique qu’il faut encourager, notamment dans les sols secs. En effet, celle-ci permettra les avantages suivants:

– Faire germer les semences d’adventices;
– Faciliter la reprise des terres avec notamment une économie d’énergie et une usure moindre des outils;
– Obtenir un meilleur émiettement.

Le labour

La racine pivotante de la betterave exige une structure homogène. En conditions normales (pas de semelle de labour, terre non dégradée), le labour profond se fait sur une grande profondeur d’environ 25 à 35 cm afin de faciliter la croissance sans déformation des racines. En effet, plus que d’autres plantes, la betterave est très sensible à la qualité de la structure des horizons profonds du sol. Les tassements ont pour conséquence une moindre prospection racinaire et une difficulté de croissance de la plante située à l’aplomb de la zone compactée. Le pivotement de la betterave est par ailleurs sensible aux hétérogénéités de structure, donc aux alternances de zones fragmentées et de zones plus massives qui entraînent l’apparition de racines fourchues. Dans la mesure du possible, il convient d’éviter:

– Les labours irréguliers ou grossiers qui sont ensuite difficiles à niveler (sol trop sec);
– Les bandes de terres compactées ou lissées qui peuvent parfois se révéler difficiles à ameublir ultérieurement (sol très humide et risque de tassement excessif);
– Les bandes de terre insuffisamment retournées, qui favorisent la levée rapide des mauvaises herbes.
– Les labours très profonds qui remontent en surface la terre du sous-sol, dépourvue d’humus.

Préparation du lit de semences

Plusieurs recherches s’accordent sur le fait que la structure du lit de semence d’une culture betteravière doit offrir un profil cultural tel qu’illustré par la Figure 1 (voir fichier PDF). Le lit de semence devra permettre un placement optimal de la graine par le semoir; à savoir:

– Une graine placée à 2 – 3 cm sous la surface du sol, 4 cm étant la limite. Cette couche de sol devra en effet être traversée par la tigelle dont les capacités de croissance à l’obscurité sont limitées physiologi- quement. La graine ne doit pas également être placée trop superficiellement pour ne pas risquer une dessiccation en cas de sécheresse.

– Lors de la préparation, l’épaisseur de la couche travaillée ne doit pas être trop importante. Ceci afin de permettre aux éléments de plombage du semoir de réaliser le tassement favorable à la remontée d’eau par capillarité. Le travail du semoir est d’autant plus facilité que la profondeur du lit de germination est régulière.

– La partie inférieure du lit de semence devra présenter une bonne continuité avec l’horizon sous-jacent, ce qui assurera une alimentation correcte en eau et surtout ce qui évitera des accidents de pivotement et des fourchages.

Pour aboutir au lit de semence tel qu’illustré par la Figure 1 (voir fichier PDF), il est nécessaire d’envisager l’introduction de nouvelles techniques (outils de préparation du lit de semences) pouvant mieux répondre aux exigences de la culture de la betterave dans les différents périmètres betteraviers du Maroc.

En cas d’un labour précoce, lorsque ce dernier a peu évolué sous l’action du climat, la préparation superficielle doit être énergique et concernera généralement une profondeur de 10 cm. Des outils animés par la prise de force sont suggérés dans ce cas pour améliorer l’état d’affinement du sol, notamment la herse rotative (Figure 2, (voir fichier PDF)). Plusieurs critères favorisent l’emploi d’un tel outil, entre autre:

– L’efficacité dans la destruction des mottes durcies provenant de labours d’automne réalisés dans de mauvaises conditions d’humidité (état sec). L’émiettement recherché est en général obtenu.

– L’ameublissement sur une profondeur plus grande, ce qui pour la betterave, favorise un bon développement du pivot et par voie de conséquence contribue directement à l’élaboration de son rendement.

– La possibilité de la combinaison de cet outil avec un rouleau ou une herse de même largeur permet une économie d’énergie et atténue le tassement par les roues du tracteur.

Notons que pour les sols battants et sensibles, les herses rotatives ne sont pas à préconiser. Dans de tels types de sols, il y a lieu d’assurer un rappuyage du sol tout en préservant en surface des petites mottes. Cet état de surface peut être obtenu par le passage d’une combinaison d’outils associant par exemple sur le même bâti des dents droites ou dents vibrantes et un rouleau cultipacker ou une herse à cages (Figure 3, (voir fichier PDF)).

Afin d’obtenir une bonne régularité de la levée, le lit de semence doit être bien nivelé. Le tassement du lit de semences est assuré par un ou deux passages d’un rouleau avant de réaliser le semis (Figure 4, (voir fichier PDF)). Cet outil aura pour fonction de tasser le lit de semences dans sa partie superficielle, limitera les hétérogénéités de profondeur du lit de semences et assurera une bonne circulation de l’eau non saturante des couches inférieures plus humides.

En cas de pluie, il est primordial d’attendre le ressuyage du sol. Le risque d’accidents de structure (compactage, semelles de préparation) est d’autant plus grand que l’humidité du sol en surface ou en profondeur est importante.