La betterave à sucre monogerme

La fertilisation potassique

La betterave sucrière présente des besoins élevés en potassium, et en cas de carence en cet élément, le développement de la racine se trouve nettement plus affecté que celui de la partie aérienne. La betterave à sucre, plante productrice d’hydrates de carbone, est en effet sensible à cet élément étant donné le rôle qu’il joue dans la synthèse de ces hydrates de carbone et dans leur transfert vers le lieu de stockage.

Plusieurs travaux de recherches ont montré que le potassium affecte positivement le rendement racine et la qualité technologique de la betterave à sucre. En effet, le potassium entraîne une diminution de la teneur de sodium et de l’azote alpha aminé dans la râpure, ce qui améliore la teneur en sucre extractible. Les exportations en potassium sont d’autant plus importantes que les rendements racines sont élevés. En effet, le rendement racine augmente avec l’addition du potassium, vu le rôle bénéfique de ce dernier dans la translocation des hydrates de carbone de la partie aérienne vers le pivot, et par la suite dans l’édification de la partie souterraine. C’est pour cette raison qu’à la récolte, la grande partie du potassium absorbée se trouve au niveau du pivot (2/3). Les exportations de la betterave peuvent atteindre 800 Kg de K2O/ha. En effet, les travaux de recherches conduits dans les périmètres betteraviers marocains ont montré que:

– Les quantités de potassium exportées par la betterave sont corrélées aux niveaux du rendement en racine (r² = 0,60).

– Les exportations moyenne en Kg K2O par tonne de racine oscillent autour de la valeur 6,5. Cependant des variations inter-régionales et intra-régionales ont été observées. Cette variabilité peut s’expliquer par les effets liés au sol (notamment sa richesse en potassium), à la plante et aux conditions climatiques.

La fertilisation potassique a fait l’objet de plusieurs recherches visant, entre autres, la détermination de la dose optimale de potassium, permettant de maximiser les rendements en racine et en sucre à l’hectare. Ces recherches ont montré que dans la plupart des périmètres betteraviers, sauf celui des Doukkala où les réserves des sols en potassium sont faibles, les quantités de potassium à apporter dépendent étroitement de la richesse du sol en cet élément. En effet, de nombreux auteurs (Tableau 3, (voir fichier PDF)) ont rapporté que sur les sols des Doukkala, à richesse en potassium faible à moyenne, l’apport croissant du potassium engendre des augmentations du rendement en racine comprises entre 9 et 30% du témoin (sans apport de K+). La dose optimale de potassium se situe à 300 kg K2O/ha. Par contre dans les autres périmètres, l’effet des apports croissants sur le rendement demeure négligeable, parfois nul; ce qui indique que les sols de ces régions sont bien pourvus en potassium. En effet, Les teneurs moyennes en potassium dans ces sols sont de 420, 540 et 740 mg/kg de sol respectivement au Tadla, Gharb et la basse Moulouya. Selon les normes d’interprétation étrangères établies dans des conditions proches à celles du Maroc, et considérant 150 mg/kg comme seuil critique, il s’est avéré que 98% des sols du Tadla sont riches en potassium (EZEKARI et BOUKHAL, 1990). D’après l’abaque d’AÏT HOUSSA (1989), la réponse aux apports potassiques n’est pas appréciable au delà des teneurs en K2O du sol supérieures à 212 mg/kg.