La betterave à sucre monogerme

La fertilisation azotée

La fertilisation azotée joue un rôle déterminant dans la production de la betterave à sucre. Elle a un effet non seulement sur le rendement racine, mais également sur la valeur technologique de la matière récoltée. En effet, la fumure azotée fait augmenter le poids des racines et celui du bouquet foliaire, augmente la teneur en éléments mélassigènes et diminue la teneur en sucre extractible.

La technique de fertilisation azotée reste difficile à maîtriser du fait que l’efficacité des engrais azotés dépend des conditions pédoclimatiques au cours de la période de croissance de la plante, de la dose utilisée, du mode ainsi que des dates d’apport.

Afin d’assurer une bonne nutrition azotée de la culture, il est nécessaire de connaître le besoin total et le rythme d’absorption d’azote. Le premier point permet de fixer la dose optimale d’azote à apporter, compte tenu des quantités fournies par le sol; le second d’en déduire les meilleures époques d’apport.

Plusieurs travaux de recherches ont été entrepris dans différents périmètres betteraviers afin de déterminer la dose optimale d’azote permettant l’obtention du meilleur rendement, aussi bien qualitatif que quantitatif. Les résultats de ces travaux sont résumés dans le tableau 1 (voir fichier PDF). Il en ressort que la dose d’azote optimale à recommander aux agriculteurs n’est pas la même pour tous les périmètres betteraviers. Ceci est lié aux conditions pédoclimatiques de chaque périmètre. Par ailleurs, la dose optimale d’azote dépend de la durée du cycle, de son emplacement dans l’année et du précédent cultural. Aussi, nous avons montré que cet optimum dépend, également, de l’équilibre de l’azote avec d’autres éléments fertilisants notamment le potassium. La dose optimale d’azote à recommander est de 240 à 300 U/ha dans les Doukkala et Tadla, de 170 à 290 U/ha au Gharb et de 320 U/ha à la basse Moulouya.

Pour conduire une culture vers le résultat souhaité aussi bien en quantité qu’en qualité, il est nécessaire de moduler les apports d’azote de manière à optimiser la photosynthèse durant les différentes phases du cycle végétatif et à réduire les pertes d’azote par réorganisation et par lixiviation. Par ailleurs, les dates d’apport et les fractionnements doivent être adaptés de façon à obtenir la meilleure adéquation disponibilité-besoins.
Le fractionnement des apports azotés permet de limiter les fortes concentrations de l’azote dans la solution du sol et de retarder sa migration en profondeur. Il favorise également un meilleur ajustement des conditions du sol aux exigences instantanées des plantes et permet de réduire le potentiel de lixiviation.

Dans le but de déterminer les meilleurs fractionnements possibles, plusieurs travaux de recherche ont été réalisés par différents auteurs et dans différentes localités. Les résultats de ces travaux sont synthétisés dans le tableau 2 (voir fichier PDF).

Ces résultats montrent que dans tous les périmètres betteraviers du Maroc, les fractionnements qui consistent à apporter au moins le 1/4 de la dose d’azote au semis permettent l’optimisation de tous les paramètres de croissance et de développement et par conséquent l’optimisation du rendement aussi bien en racine qu’en sucre. Par ailleurs; il a été bien montré que l’apport d’une forte quantité d’azote en fin de cycle favorise l’accumulation des éléments mélassigènes dans la râpure et diminue ainsi la teneur en sucre extractible. Il en ressort alors que les fractionnements qui n’apportent pas d’azote au semis et qui consistent à augmenter la fraction apportée en fin du cycle sont les plus néfastes pour la qualité technologique de la betterave à sucre.