Amélioration de la productivité des races locales ovines par croisement

La brebis croisée F1 “D’man x Timahdite” constitue une femelle de choix pour augmenter la productivité numérique des troupeaux et la production de viande

La femelle croisée F1 (D’man x Timahdite) a réalisé une prolificité supérieure à la femelle Timahdite de +0,6 agneaux à la naissance et de +0,4 agneaux au sevrage. Sa productivité pondérale est supérieure de +7,68, +5,75 et +5,14 kg, respectivement sur l’élevage Timahdite et D’man en race pure et sur le croisement industriel simple.

Les performances à l’abattage des agneaux et la qualité de la carcasse étaient comparables à celle des agneaux issus du croisement industriel simple. En outre, le développement de l’utilisation de la femelle F1, susceptible d’hériter généralement des aptitudes de précocité sexuelle et de déssaisonnalité de la race D’man, permettrait de tirer parti de ces aptitudes exceptionnelles pour assurer une production à contre saison et cibler ainsi les périodes favorables du marché, surtout si on sait qu’au Maroc, la commercialisation de la viande ovine est affectée par la saisonnalité de la production avec un grand flux de vente en été.

De plus, les aptitudes reproductives des femelles F1 sont en faveur d’une intensification par l’accélération du rythme de reproduction, tel que le développement du système de production de trois agnelages en deux ans. Les atouts de cette femelle croisée impliquent que le coût de production de l’agneau sera réduit, l’efficience économique dans les environnements de production favorables sera ainsi améliorée comme d’ailleurs le revenu des éleveurs.

L’intérêt de l’utilisation de la femelle F1 en croisement avec une race améliorée de fort développement musculaire apparaît d’autant plus important que l’on se situe dans la perspective d’évolution vers des carcasses d’agneaux plus précoces de qualité et vers le développement du marché de la découpe pour un payement de la viande différent de celui actuellement en vigueur au Maroc.

L’évolution vers des systèmes de production modernes capables de répondre à la demande quantitative et qualitative du consommateur est justifiée surtout si on sait que les agneaux de races rustiques quand ils sont élevés dans les conditions d’élevage intensives montrent une tendance précoce à déposer du gras plutôt que du muscle. Et que l’alourdissement de leur carcasse ne semble pas être avantageux, particulièrement dans les villes, où le consommateur cherche des animaux plus précoces et une viande maigre sans excès de gras.
Ainsi, le développement du croisement terminal utilisant les brebis F1 et des béliers de races améliorées de fort développement musculaire est alors un moyen qui permettrait de répondre à cette demande et pourrait réduire considérablement la période d’élevage et d’engraissement des agneaux et enfin le coût de leur production. Toutefois, cela reste tributaire des conditions nutritionnelles et de la maîtrise des techniques de management susceptibles de maintenir des niveaux de performances élevés.