Le greffage de l’arganier un challenge pour la multiplication clonale

Le semis, le bouturage et le marcottage

Le semis, une méthode classique pour le multiplication de l’arganier

La multiplication par graine est la méthode la plus utilisée pour reproduire les espèces forestières et l’arganier n’échappe pas à cette règle. Cette méthode, dite de reproduction sexuée, est caractérisée par une grande variabilité dans la descendance et ne permet pas ainsi la conservation des caractères. Par contre, la multiplication végétative (bouturage, marcottage, greffage, divisions de souches) est la voie appropriée pour préserver les arbres sélectionnés pour des performances de productivité, de résistance aux stress et aux maladies.

Le bouturage, une technique végétative possible mais limitée en pratique

Les travaux sur le bouturage démontrent les limites techniques et physiologiques du bouturage de l’arganier. Les résultats varient surtout avec l’âge, et en fonction des arbres (génétique), la nature de la bouture et la concentration en auxine. L’AIB (acide indole butyrique), et la ANA (acide naphtalène acétique) à des concentrations de 4000 ppm à 10000 ppm en trempage rapide de 1 à 2 minutes est conseillée. Mis à part les résultats très souvent faibles et variés, il est commun quepour réussir l’opération du bouturage de l’arganier adulte, il faut absolument commencer par un matériel végétal rajeuni (pousses de souche rabattue) et avoir des conditions qui permettent la formation du cal. Ces cellules rajeunies acquièrent la compétence pour faire l’induction et la dédifférenciation des primordia de racines. Ce procédé de retour à l’état juvénile, prend beaucoup de temps (60 à 100 jours) et ne peut avoir lieu que très difficilement à cause de la pourriture et de la sénescence inévitables des organes coupés telles que les boutures. Par contre, en conditions de serre et de substrat maîtrisées ou dans un milieu in vitro adapté, les primordia des racines auront du temps pour se former à partir du tissu encore fonctionnel.

Pour l’arganier, la plus part des racines proviennent de la périphérie de la bouture (au niveau du cal) et sont alors fragiles. Ceci entrave la reprise des plants à la transplantation. Aussi, les plants issues de boutures sous conditions contrôlées se dessèchent une fois transférés aux conditions du champ. C’est ainsi que même si le bouturage donne des résultats d’enracinement élevés, les plants issus de ces boutures périssent en pratique dans tous les cas, ce qui nous amène à chercher d’utiliser des techniques sûres, telle que le greffage.

Le marcottage chez l’arganier, plus de questions que de réponses

Toutes les marcottes avec incision complète de l’écorce se sont desséchées (48 sur 144) après 45 jours. Seules les marcottes, avec incision partielle, restent vivantes avec certaines d’entre elles qui forment du cal et arrivent à se souder. Après 5 mois d’entretien, seules 2 marcottes sur 144 ont produits chacune une racine unique (une racine par marcotte sur deux arbres différents). Pour le marcottage de l’arganier, beaucoup de questions restent poséessur le pourquoi de ce dessèchement rapide des marcottes incisées complètement. Le Marcottage n’exige ni serres, ni nébulisation, ni substrat spécial, et donc mérite des recherches pour contourner ces difficultés et parvenir à l’enracinement d’un grand pourcentage de marcottes, surtout que les racines que nous avons eu sont longues et solides.