Les porte-greffes des arbres fruitiers adaptés aux conditions marocaines

Porte-greffes des rosacées à noyaux: amandier

Les hybrides Pêcher x Amandier

– GF 677: En tant que premier hybride naturel entre l’amandier et le pêcher, sélectionné en France, ce porte greffe est très largement utilisé en France et devient très adopté en Espagne et au Maroc, dans les nouvelles plantations d’amandier. Ce porte-greffe confère aux arbres une vigueur élevée avec une grande homogénéité. Sa multiplication végétative difficile limite cependant sa diffusion à grande échelle. L’enracinement des boutures ligneuses de ce genre de matériel végétal peut être amélioré par l’utilisation d’hormone AIB. Des laboratoires privés commencent à pratiquer la culture in vitro de ce porte-greffe pour une utilisation commerciale.

– PMA-T10: Hybride Amandier x Pêcher marocain sélectionné, ce porte-greffe a aussi une croissance végétative rapide et donne des plants homogènes.

Chez les arbres pied-mères adultes de des deux porte-greffes, la vigueur de ce porte-greffe est similaire à celle du GF 677.

Les arbres sont de vigueur moyenne à élevée, de port semi-dressé à feuillage large et vert foncé. Le fruit est intermédiaire entre la pêche et l’amande. Il ne peut pas être utilisé comme porte-greffe à multiplication par semis en raison de la disjonction des caractères et de la grande hétérogénéité de la descendance.

L’hybride local PMA-T10 donne des arbres de grande vigueur, de port semi-ouvert à feuillage vert et long. Le fruit est intermédiaire entre la pêche et l’amande avec un gros noyau à coque dure. Le débourrement se situe en fin de la deuxième décade de février. Pour la conservation de ses aptitudes, cet hybride ne peut être multiplié que végétativement. Le bouturage semi-ligneux à l’automne avec utilisation d’hormone de croissance AIB (1500 ppm) donne des taux d’enracinement intéressant. La multiplication in vitro peut être aussi envisagée comme celle du GF 677. Il est utilisé comme porte-greffe pour l’amandier et pour le pêcher. Il permet d’étendre la culture du pêcher et doit être réservé aux sols chlorosants avec des densités moyennes de 400 à 600 arbres/ha. Une conduite appropriée avec des interventions en vert permettront à l’arbre d’être formé rapidement en période juvénile.

Semis d’amandier: le semis d’amandier amer et celui de Marcona et Desmayo ont été largement utilisés par les pépiniéristes. Bien que ces derniers soient choisis pour leur relative homogénéité, ils se sont montrés sensibles aux nématodes, au crown gall et aux attaques du capnode.

La sélection de porte-greffe à multiplication générative est aussi une nécessité agronomique pour garantir la production et assurer son développement dans plusieurs régions fragilisées par l’aridité climatique. L’amandier amer qui présente des caractéristiques de rusticité qui apparaissent au niveau survie dans les sols pauvres, riches en calcaire avec de faibles disponibilités en eau, semble aussi être plus résistant à la pénétration des larves du capnode noire (Capnodis tenebrionis). Ce matériel peut fournir des ressources génétiques intéressantes pour la sélection de porte-greffe. Le comportement d’un certains nombre de populations d’amandier amer, prospectées pour avoir supporté les attaques du capnode, ont montré que certaines familles (INRA-AT8, INRA-Y1 et INRA O11) sont apparues plus homogènes que le semis de Marcona, utilisé comme témoin. Ces porte-greffes vigoureux semblent être plus tolérants au manque d’eau et donnent des rendements intéressants avec une alternance moins accentuée. La vigueur de leur système racinaire traduite par son caractère pivotant et ramifié semble compenser l’effet du manque d’eau induit par la sécheresse estivale.

Sélection INRA-AT8 et INRA-U8: L’INRA a sélectionné ces deux porte-greffes performants qui tolèrent la sécheresse et de donnent des rendements intéressant en culture pluviale. Durant six années d’évaluation, ils ont donné des rendements de 7,5 à 8,5 kg/arbre (en coque) qui sont supérieurs (de 25%) à ceux obtenus avec les porte-greffes usuels de semis. Ils sont homogènes et la vigueur de leur système racinaire, traduite par son caractère pivotant et ramifié, semble compenser l’effet du manque d’eau induite par la sécheresse estivale.